Trump impose une trêve précaire : l’Ukraine et la Russie, suspendent les armes pour trois jours
Quatre années après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le conflit semble entrer dans une nouvelle phase diplomatique aussi incertaine que stratégique. Le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu temporaire de trois jours entre la Russie et l’Ukraine, présenté comme une avancée majeure dans des négociations de paix
Sur Truth Social, Trump a affirmé qu’une trêve entrerait en vigueur du 9 au 11 mai 2026, couvrant les célébrations russes du Jour de la Victoire. « Nous ne sommes pas des perdants ; nous sommes des gagnants », aurait déclaré le président américain à ses proches collaborateurs, convaincu que cette pause militaire peut ouvrir la voie à un accord plus large.
Cette suspension des combats inclut l’arrêt de « toute activité cinétique » ainsi qu’un échange massif de prisonniers : 1 000 détenus de guerre de chaque camp doivent être libérés simultanément. Une mesure humanitaire rare depuis le début du conflit.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a confirmé l’existence de l’accord sur X, tout en rappelant que Kyiv reste opposé à toute concession territoriale. De son côté, Moscou, par la voix du conseiller présidentiel Yuri Ouchakov, a reconnu que l’accord avait été négocié à travers des contacts téléphoniques entre Washington, le Kremlin et les autorités ukrainiennes.
Au cœur de cette précaire désescalade demeure pourtant le principal nœud du conflit : le Donetsk. La Russie contrôle désormais près des trois quarts de cette région stratégique de l’est ukrainien et exige le retrait des forces ukrainiennes des zones encore disputées. Une demande catégoriquement rejetée par Kyiv.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a fait de la fin de la guerre un objectif central de sa présidence. Lui qui promettait en 2024 de régler le conflit « en vingt-quatre heures » découvre désormais la réalité d’une confrontation devenue une guerre d’attrition totale entre deux nations épuisées mais déterminées.
Le président russe Vladimir Poutine, lui, semble convaincu que le temps joue en faveur du Kremlin. Malgré les sanctions occidentales et les pertes militaires, Moscou continue de miser sur sa profondeur stratégique, sa puissance démographique et l’usure progressive du soutien occidental à l’Ukraine.
Cette trêve de trois jours apparaît moins comme une paix imminente que comme une respiration tactique. Les célébrations du 9 mai, symbole historique de la victoire soviétique contre l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, offrent à Moscou une vitrine patriotique que le Kremlin souhaite sécuriser à tout prix.
Pour beaucoup d’observateurs, cette initiative de Trump vise également un objectif politique intérieur : démontrer qu’il reste capable d’obtenir des résultats là où ses prédécesseurs ont échoué. Une manière de projeter l’image d’un dirigeant capable d’imposer sa médiation aux grandes puissances rivales.
