Nigeria sous tension : 18 bûcherons massacrés dans une embuscade attribuée à Boko Haram
Le nord-est du Nigeria est à nouveau le théâtre d’un massacre d’une brutalité inouïe. Dix-huit bûcherons ont été tués dans l’État de Borno, bastion des violences jihadistes opposant forces de sécurité nigérianes aux groupes Boko Haram et Islamic State West Africa Province (ISWAP).
L’attaque a eu lieu près du village d’Abaram, dans la zone de gouvernement local de Bama. Des combattants armés, à moto, ont encerclé un groupe de bûcherons partis travailler dans une zone forestière isolée, avant d’ouvrir le feu sans sommation.
Témoins sur place décrivent un chaos total : piégés dans un terrain difficile d’accès, les victimes n’ont eu aucune chance de s’échapper face à des assaillants maîtrisant parfaitement les lieux.
Le décompte des 18 morts s’est établi en deux temps. Ibrahim Liman, membre d’un groupe d’autodéfense local soutenant l’armée, rapporte que les premiers secours ont retrouvé 11 corps, suivis de sept autres lors de fouilles complémentaires dans la brousse.
Toutes les victimes présentaient des blessures par balles. Un habitant de Bama ajoute que plusieurs ont été pourchassées et abattues à distance après une tentative de fuite.
Cette embuscade s’inscrit dans une tactique récurrente : les jihadistes visent les civils aux activités vitales – bûcherons, agriculteurs, pêcheurs, éleveurs – souvent accusés de collaborer avec l’armée.
Les coupes dans l’aide humanitaire internationale aggravent le calvaire, privant des milliers de familles de moyens de subsistance. Malgré les opérations militaires nigérianes autour du lac Tchad, la mobilité des combattants, la fragmentation des groupes et l’insécurisation des forêts perpétuent un cycle de violence.
À Bama et alentour, la peur est palpable. Les habitants limitent les sorties, les marchés ferment tôt, et les enfants grandissent dans l’ombre des fusils. Sans relance économique massive, sécurisation durable des zones rurales et aide humanitaire renforcée, le cycle infernal risque de perdurer. Ce massacre de bûcherons n’est qu’un épisode de plus dans une tragédie nationale qui appelle une réponse globale, au-delà des seules frappes militaires.
