Centre du Mali : nouvelle vague de violences, plus de 30 civils tués dans des attaques jihadistes

Centre du Mali : nouvelle vague de violences, plus de 30 civils tués dans des attaques jihadistes

Le centre du Mali a été une nouvelle fois plongé dans le sang mercredi, avec plus de 30 civils tués lors de deux attaques quasi simultanées attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Les localités de Kori Kori et de Gomossogou ont été ciblées dans une opération d’une violence extrême, illustrant la persistance d’une insécurité chronique dans une région devenue l’un des principaux foyers de la crise malienne.

Selon plusieurs sources locales, le bilan reste provisoire mais particulièrement lourd. Un responsable de la jeunesse évoque au moins 35 morts, tandis que des sources sécuritaires et administratives confirment un chiffre dépassant la trentaine de victimes. Le collectif Wamaps, spécialisé dans le suivi des violences au Sahel, avance même un bilan supérieur à 50 morts, évoquant également plusieurs disparus encore recherchés.

Les assaillants auraient frappé de manière quasi simultanée, ciblant des villages accusés par les groupes armés de soutenir des milices pro-gouvernementales. Les témoignages locaux font état de scènes de panique, d’exécutions sommaires, ainsi que de pillages massifs suivis d’incendies de concessions et de stocks agricoles.

Les victimes ne seraient pas uniquement des combattants locaux. Plusieurs sources sécuritaires évoquent la présence de civils parmi les morts, dont des adolescents et des enfants, confirmant l’extension dramatique des violences au-delà des cibles militaires présumées.

Dans un communiqué, les autorités régionales de Bandiagara ont condamné des actes qualifiés d’« ignobles et inhumains », tout en reconnaissant la complexité du terrain, où se mêlent groupes jihadistes, milices communautaires et forces d’autodéfense locales.

Ces attaques interviennent dans un climat déjà extrêmement tendu, marqué par une intensification des affrontements dans le centre et le nord du pays. Quelques jours plus tôt, une offensive coordonnée menée par le JNIM et des éléments rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) avait déjà visé plusieurs positions stratégiques des forces gouvernementales, y compris aux abords de Bamako.

Cette série d’opérations traduit une montée en puissance des capacités de coordination entre groupes armés, dans un contexte où l’État malien peine à contenir la multiplication des fronts.

le JNIM multiplie les appels à une mobilisation contre les autorités en place, appelant récemment à un « front commun » pour renverser la junte et ouvrir une transition politique. Sur le terrain, toutefois, ces annonces se traduisent surtout par une intensification des violences contre les populations civiles.

Le Mali continue ainsi de s’enfoncer dans une guerre hybride, où jihadisme, conflits communautaires et instabilité politique s’entrecroisent, laissant les civils en première ligne d’une crise sans issue immédiate

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