Liban–Israël : un cessez-le-feu sous haute tension, Aoun évoque une “dernière chance”
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé jeudi que l’accord de cessez-le-feu conclu avec Israël pourrait entrer en vigueur « dans les 24 heures suivant son approbation définitive », le qualifiant de « dernière chance » pour éviter une nouvelle escalade durable au Liban-Sud.
Selon le chef de l’État, les négociations menées récemment à Washington entre les délégations libanaise, américaine et israélienne ont permis de dégager un cadre encore fragile, fondé sur la création de « zones pilotes » placées sous contrôle exclusif de l’armée libanaise. Ces dispositifs sont présentés comme une étape transitoire vers un accord plus large de sécurité et de stabilité régionale.
Parmi les zones évoquées figurent Zaoutar el-Gharbiyé, Zaoutar el-Charkiyé ainsi que les abords du château de Beaufort, dans le caza de Nabatiyé. L’objectif affiché est d’y instaurer une présence militaire libanaise sans interférence d’acteurs armés non étatiques.
Hezbollah ne s’est pas encore exprimé officiellement sur cet accord, alors que ses positions militaires et politiques restent un facteur central dans toute évolution sécuritaire au sud du pays.
« Nous attendons les réponses de toutes les parties ainsi que des garanties d’engagement », a précisé Joseph Aoun, tout en soulignant que les discussions ont été « particulièrement difficiles », avec l’intervention de responsables américains dans les dernières phases des négociations.
Le président a insisté sur un point clé : « ne donner à Israël aucun prétexte » susceptible de retarder ou de bloquer son retrait du Sud-Liban. Il appelle à une stricte discipline sur le terrain afin de préserver la dynamique diplomatique en cours.
Malgré les avancées diplomatiques, la situation reste tendue. Des frappes israéliennes ont encore été signalées jeudi au Liban-Sud, tandis que des échanges de tirs ont été revendiqués en retour. Ce climat de confrontation continue de fragiliser l’application d’un éventuel cessez-le-feu.
Joseph Aoun a également mis en avant le rôle de soutien joué par plusieurs partenaires internationaux, notamment la France. L’émissaire français Jean-Yves Le Drian a réaffirmé à Beyrouth la solidarité de Paris et son appui aux efforts de stabilisation.
Le président libanais a aussi salué l’implication de Emmanuel Macron, estimant que les relations franco-libanaises restent un levier diplomatique majeur dans la gestion du dossier du Sud.
Mais l’équation demeure, en réalité, d’une complexité particulièrement aiguë. Entre pressions militaires persistantes à la frontière méridionale, incertitudes politiques internes et absence de consensus structurant entre les principaux pôles du paysage libanais, l’hypothèse d’un cessez-le-feu ne saurait être réduite à une simple séquence diplomatique. Elle s’inscrit au contraire dans un équilibre instable, où chaque avancée dépend étroitement des calculs régionaux et des contraintes internes.v
