Somalie : tirs à Mogadiscio, l’ex-Premier ministre Khaire accuse les forces gouvernementales

Somalie : tirs à Mogadiscio, l’ex-Premier ministre Khaire accuse les forces gouvernementales

Des échanges de tirs ont éclaté mercredi dans plusieurs quartiers de Mogadiscio, capitale somalienne, plongeant à nouveau le pays dans une forte tension politique et sécuritaire, à la veille d’une manifestation annoncée par l’opposition. L’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire affirme avoir été pris pour cible par des forces loyales au gouvernement, tandis que les autorités démentent et évoquent une riposte contre des milices armées.

Selon des sources sécuritaires et des témoins, les affrontements ont débuté dans le secteur central de Dabka, où étaient déployées des unités de la police fédérale et des groupes proches de l’opposition. Des tirs nourris ont été entendus pendant plusieurs minutes, semant la panique parmi les habitants, avant un retour progressif au calme.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Hassan Ali Khaire a accusé directement les forces gouvernementales d’avoir lancé une attaque contre son camp alors que celui-ci se préparait à une manifestation pacifique. Il a dénoncé une opération ayant causé des victimes civiles et a tenu le président pour responsable des violences.

De son côté, la police somalienne a rejeté ces accusations. Son porte-parole a affirmé que les forces de sécurité avaient été attaquées par des « milices armées » et qu’elles avaient réagi de manière « professionnelle », sans donner davantage de précisions sur l’origine des affrontements.

Des témoins sur place ont décrit une scène de chaos, avec des échanges de tirs intenses et l’utilisation d’armes lourdes dans certains secteurs de la capitale. Des habitants ont été contraints de fuir les zones touchées, alors que des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent une ville sous tension.

Ces violences interviennent dans un climat politique déjà explosif en Somalie, où le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition s’intensifie. Le président Hassan Sheikh Mohamud est accusé par ses opposants de vouloir prolonger son maintien au pouvoir après la fin de son mandat, à la suite d’une réforme constitutionnelle controversée.

L’opposition rejette cette interprétation et dénonce une tentative de verrouillage politique. Elle appelle à des manifestations, malgré les risques d’escalade dans un pays encore fragilisé par des années d’instabilité et la présence active de groupes armés.

Alors que la capitale tente de retrouver son calme, ces nouveaux affrontements ravivent la crainte d’une crise politique ouverte, dans un contexte où les institutions restent fragiles et les tensions entre camps rivaux de plus en plus explosives.

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