Première attaque contre l’Égypte dans le conflit irano-américain ? Deux méthaniers en flammes au port de Damiette après une attaque de drones

Première attaque contre l’Égypte dans le conflit irano-américain ? Deux méthaniers en flammes au port de Damiette après une attaque de drones

L’Égypte, jusque-là épargnée par les affrontements directs irano-américain, se retrouve désormais entraînée dans cette guerre régionale. Le port stratégique de Damiette, sur la côte méditerranéenne, a été la cible d’une attaque de drones qui a déclenché un violent incendie à bord de deux méthaniers transportant du gaz naturel liquéfié (GNL). Les autorités égyptiennes affirment désormais que le sinistre n’était pas accidentel, mais résulte d’une attaque délibérée

Selon le gouvernement égyptien, le drone a frappé le FSRU Energos Winter, une unité flottante de stockage et de regazéification appartenant à la société américaine Energos Infrastructure et exploitée par Wilhelmsen Ship Management. Le feu s’est ensuite propagé au méthanier GasLog Salem, amarré à proximité. Les équipes de secours et les pompiers du port sont intervenus rapidement, parvenant à maîtriser les flammes avant qu’elles n’atteignent les réservoirs de gaz. Aucune victime n’a été signalée, mais les dégâts matériels sont importants. Une cuve de l’Energos Winter aurait notamment été endommagée, ce qui pourrait immobiliser le navire pendant plusieurs semaines.

Le port de Damiette revêt une importance stratégique pour l’Égypte. Il constitue l’un des principaux centres d’importation, de stockage et de regazéification du gaz naturel liquéfié destiné à alimenter le réseau national. Les autorités avaient d’ailleurs renforcé son rôle ces derniers mois afin de répondre à la baisse de la production nationale et à la forte demande estivale en électricité. Selon les estimations, l’Energos Winter représente environ 7 % de la consommation quotidienne de gaz en Égypte et près de 16 % des capacités nationales de regazéification. Son indisponibilité pourrait compliquer l’approvisionnement énergétique du pays, même si Le Caire dispose d’autres installations pour limiter les perturbations.

Le New York Times, citant deux responsables iraniens s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme que cette opération avait pour objectif de démontrer que, si le conflit continuait de s’intensifier, les infrastructures énergétiques et les routes maritimes internationales pourraient devenir des cibles privilégiées. Selon ces sources, le message adressé aux États-Unis et à leurs alliés est clair : l’Iran serait en mesure de perturber les flux énergétiques mondiaux bien au-delà du golfe Persique.

À ce stade, aucun groupe n’a officiellement revendiqué l’attaque. Les autorités égyptiennes poursuivent leur enquête afin d’identifier l’origine du drone et les responsables de cette opération. Plusieurs médias internationaux évoquent des soupçons visant l’Iran, mais aucune preuve publique n’a encore été présentée et Téhéran n’a pas revendiqué la frappe.

L’incident intervient dans un contexte d’escalade militaire rapide au Moyen-Orient. Ces derniers jours, les tensions entre Washington et Téhéran se sont encore aggravées après des frappes iraniennes contre des positions américaines en Jordanie et des représailles américaines contre des installations des Gardiens de la révolution. Dans le même temps, les Houthis au Yémen ont intensifié leurs menaces contre la navigation en mer Rouge, tandis que les inquiétudes grandissent autour de la sécurité du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, deux axes essentiels du commerce mondial de l’énergie.

Plusieurs vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent un drone survolant l’Energos Winter, filmé depuis le pont du navire par un membre d’équipage, ainsi que les impressionnantes flammes et les épais panaches de fumée qui se sont élevés au-dessus du port de Damiette après l’explosion. Les images ont rapidement fait le tour du monde, illustrant la vulnérabilité croissante des infrastructures énergétiques face aux nouvelles formes de guerre.

Si les dégâts humains ont été évités grâce à la rapidité de l’intervention des secours, cette attaque constitue un signal d’alarme. Pour la première fois depuis le début du conflit irano-américain, une infrastructure énergétique majeure située en Égypte est directement touchée. L’événement alimente les craintes d’un élargissement du conflit à l’ensemble du bassin méditerranéen et d’une menace accrue sur les chaînes d’approvisionnement mondiales en gaz naturel liquéfié.

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