Syrie : trois généraux parmi neuf anciens pilotes du régime Assad arrêtés pour crimes de guerre
Neuf anciens pilotes de chasse et d’hélicoptère, dont trois généraux de brigade, accusés d’avoir participé à des opérations de bombardement meurtrières contre des villes et villages durant la guerre civile sous le régime de Bachar al-Assad. Ces arrestations s’inscrivent dans la vaste campagne judiciaire visant les anciens responsables accusés d’exactions.
Les poursuites contre les responsables de l’ancien régime prennent une nouvelle dimension en Syrie. Les autorités ont annoncé l’arrestation de neuf anciens pilotes militaires, accusés d’avoir participé à des opérations de bombardement ayant fait de nombreuses victimes civiles au cours des années de guerre.
Selon l’agence officielle SANA, les arrestations ont été menées dans la province de Lattaquié, dans l’ouest du pays, après des opérations de surveillance et de contrôle. Les neuf hommes, anciens pilotes de chasse et d’hélicoptère, sont soupçonnés d’avoir participé à des opérations considérées par les nouvelles autorités comme des crimes de guerre et des violations graves commises dans plusieurs gouvernorats syriens.
Parmi les personnes arrêtées figurent trois officiers de haut rang : les généraux de brigade Manhal Anwar Saleh, Sami Ibrahim Mahmoud et Ghiath Ali Al-Rahia.
Les autorités syriennes leur reprochent notamment d’avoir pris part à des opérations militaires qui auraient causé de nombreuses morts et blessures et provoqué d’importantes destructions dans des villes et des villages. Pendant plus de treize années de conflit, les zones contrôlées par l’opposition ont régulièrement été soumises aux bombardements de l’aviation et des forces loyales à Bachar al-Assad.
Ces arrestations interviennent alors que les nouvelles autorités syriennes cherchent à établir les responsabilités liées aux crimes commis pendant la guerre. Depuis leur arrivée au pouvoir, elles ont engagé des procédures contre plusieurs anciens responsables du régime et mis en place un dispositif de justice transitionnelle destiné à documenter les exactions et à poursuivre leurs auteurs présumés.
La campagne judiciaire ne se limite pas aux pilotes militaires. Lundi, les autorités syriennes avaient annoncé l’arrestation d’un ancien officier supérieur faisant l’objet de sanctions européennes. Celui-ci est accusé d’avoir participé à la répression des manifestations de 2011 ainsi qu’aux événements sanglants de Hama en 1982.
Le processus judiciaire vise désormais plusieurs figures de l’ancien appareil sécuritaire et militaire, avec la volonté affichée par les nouvelles autorités de faire de la poursuite des responsables de l’ancien régime l’un des axes de la transition politique.
En août, les tribunaux syriens avaient également condamné à mort par contumace Bachar al-Assad et son frère Maher. Les deux hommes ont quitté le pays après la chute du régime, Bachar al-Assad ayant trouvé refuge en Russie.
La justice syrienne n’est toutefois pas la seule à poursuivre l’ancien président. En France, trois mandats d’arrêt ont été émis contre Bachar al-Assad pour sa responsabilité présumée dans plusieurs affaires liées à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité.
