Pétrole : les marchés se stabilisent, suspendus aux effets des nouvelles sanctions américaines contre l’Iran
Les cours du pétrole se sont stabilisés mardi 25 août, après avoir enregistré une forte baisse lors de la séance précédente. Les investisseurs évaluent désormais les conséquences du durcissement des sanctions américaines visant l’Iran, tout en surveillant les risques qui pourraient peser sur les approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient.
Vers 1 h 04 GMT, le baril de Brent reculait légèrement de 9 cents, soit 0,1 %, à 92,16 dollars. Dans le même temps, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait d’un cent pour atteindre 85,02 dollars le baril.
Cette relative stabilité intervient après une séance particulièrement volatile lundi. Les deux références mondiales avaient alors perdu plus de 2 %, le WTI tombant à son plus bas niveau en une semaine. Cette correction s’expliquait notamment par des prises de bénéfices après la forte progression des cours enregistrée au cours des deux semaines précédentes.
La nouvelle orientation de la politique américaine à l’égard de l’Iran constitue désormais l’un des principaux facteurs d’incertitude pour les marchés pétroliers. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé lundi un élargissement des sanctions destinées à accentuer la pression économique sur Téhéran.
Selon Washington, les nouvelles mesures doivent notamment contraindre les partenaires commerciaux de l’Iran à réduire leurs relations économiques avec le pays. Les États qui ne se conformeraient pas aux exigences américaines pourraient, selon les autorités américaines, s’exposer à des restrictions d’accès au système financier international fondé sur le dollar.
Le calendrier précis de mise en œuvre de ces mesures reste toutefois incertain. Scott Bessent n’a pas indiqué quels pays seraient directement concernés ni à quelle date les nouvelles sanctions entreraient en vigueur, précisant que certains partenaires disposeraient d’un délai pour se conformer aux nouvelles exigences américaines.
Cette stratégie de pression économique semble, dans l’immédiat, rassurer partiellement les marchés. Alors que les tensions entre Washington et Téhéran font craindre une nouvelle perturbation des flux pétroliers au Moyen-Orient, les investisseurs semblent considérer le recours aux sanctions comme un scénario moins susceptible de provoquer une interruption brutale de l’approvisionnement.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a néanmoins déclaré lundi que les États-Unis n’excluaient pas la possibilité d’une intervention militaire contre l’Iran. Cette déclaration maintient une importante prime de risque sur le marché, dans une région où toute escalade pourrait rapidement affecter les infrastructures énergétiques et les routes maritimes stratégiques.
Pour Tim Waterer, analyste de marché senior chez KCM, la réaction des investisseurs traduit cette lecture. Les marchés semblent, selon lui, considérer la pression économique comme une option moins risquée pour les approvisionnements que le recours immédiat à la force militaire. Cette perception explique que les cours aient d’abord reculé plutôt que de s’envoler après l’annonce des nouvelles sanctions.
L’évolution des prix du pétrole dépendra désormais largement de la mise en œuvre effective des sanctions américaines et de la réaction de Téhéran et de ses partenaires commerciaux. Les investisseurs resteront également attentifs à tout incident susceptible de perturber la circulation des pétroliers dans les principales voies maritimes de la région.
À court terme, les marchés devraient donc continuer d’évoluer au gré des annonces de Washington, des réactions iraniennes et des éventuelles tensions autour des infrastructures et des routes d’exportation du pétrole au Moyen-Orient.
