Libye, un accord sous l’égide de l’ONU pour relancer le processus électoral

Libye, un accord sous l’égide de l’ONU pour relancer le processus électoral

Les représentants de l’Est et de l’Ouest libyens ont signé dimanche 30 août, à Tripoli, un accord destiné à créer les conditions nécessaires à l’organisation de nouvelles élections nationales.Conclu par les membres du comité de dialogue restreint « 4+4 », qui réunit des représentants des deux camps rivaux, l’accord prévoit notamment une restructuration de la Haute Commission électorale nationale ainsi qu’une révision du cadre juridique devant encadrer les prochains scrutins.

La cérémonie de signature s’est déroulée au siège de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), en présence de l’envoyée spéciale de l’ONU en Libye, Hanna Tetteh.Le texte est présenté comme une nouvelle tentative de rapprocher les positions des institutions rivales et de remettre sur les rails un processus électoral longtemps paralysé par les divisions politiques et institutionnelles.

L’objectif affiché reste l’organisation d’élections présidentielle et législatives capables de mettre fin à la période de transition qui se prolonge depuis plusieurs années.
Mais la signature de l’accord ne constitue pas, à elle seule, une garantie de sortie de crise. Sa mise en œuvre devra encore franchir l’étape décisive de l’approbation par les principales institutions rivales, alors que les divergences sur les règles électorales, la répartition des pouvoirs et les conditions d’organisation du scrutin demeurent profondes.

Après plusieurs années de blocage, la Libye veut croire à nouveau à la tenue d’élections nationales. Des représentants des deux camps rivaux ont signé dimanche, à Tripoli, un accord présenté comme une nouvelle étape vers l’organisation d’élections présidentielle et législatives.

L’accord intervient au terme de plusieurs mois de discussions, organisées notamment à Rome et à Tunis sous l’égide des Nations unies. Les négociations ont porté sur deux dossiers considérés comme essentiels au déblocage du processus électoral : la restructuration du conseil d’administration de la Haute Commission électorale nationale et la clarification des dispositions constitutionnelles et juridiques encadrant les élections.

Selon les dispositions annoncées, la nouvelle direction de la commission électorale devrait être présidée par Dhaou Ibrahim Attia, tandis que Sana al-Lishani en assurerait la vice-présidence.

Le texte prévoit également l’organisation d’élections présidentielle et législatives sous l’autorité d’un exécutif unifié, dans un délai de 24 mois. Une échéance ambitieuse dans un pays où les précédentes consultations ont été régulièrement reportées ou annulées en raison de profondes rivalités institutionnelles et politiques.

À Tripoli, le Premier ministre du Gouvernement d’unité nationale, Abdul Hamid Dbeibeh, a salué une « étape importante » vers la fin des périodes de transition.

« La décision doit revenir au peuple libyen à travers des élections qui mettent fin à l’état de division et donnent à toutes les institutions leur véritable légitimité », a-t-il déclaré. Selon lui, l’accord pourrait ouvrir la voie à un processus national susceptible de favoriser la stabilité et le développement du pays.

Dans l’Est, Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne, a lui aussi présenté le texte comme une avancée destinée à lever les obstacles qui empêchent, depuis plusieurs années, la tenue d’élections présidentielle et législatives.

Présent à la cérémonie, le vice-président du Conseil présidentiel, Moussa al-Koni, a évoqué une « opportunité » permettant à la Libye de passer « de la gestion de la division à sa fin ».

L’envoyée spéciale des Nations unies, Hanna Tetteh, a toutefois tenu à tempérer les attentes. Pour la responsable onusienne, la signature de l’accord ne constitue qu’une étape.

Elle a appelé les acteurs libyens à traduire rapidement le texte en « actions concrètes », soulignant que son succès dépendra avant tout de la volonté des institutions rivales de respecter leurs engagements.

L’accord doit désormais être transmis à la Chambre des représentants, basée à Benghazi, ainsi qu’au Haut Conseil d’État, installé à Tripoli. Ces deux institutions disposeront d’un délai d’un mois pour l’examiner. Un mécanisme de suivi doit également être mis en place afin d’accompagner son application.

L’un des principaux obstacles se situe précisément au sein du Haut Conseil d’État, qui a refusé de participer au processus du « 4+4 ».Son président, Mohamed Takala, a contesté la légitimité d’un comité restreint à présenter ses conclusions comme l’expression d’un consensus national. Dans une lettre adressée à Hanna Tetteh, il a estimé que les questions fondamentales liées au processus politique et électoral ne pouvaient être réglées en dehors des cadres institutionnels existants.

Cette contestation illustre la vulnérabilité du nouvel accord. Si les représentants de l’Est et de l’Ouest sont parvenus à rapprocher leurs positions sur plusieurs dossiers, la question centrale demeure celle de la légitimité du processus lui-même.

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