Irak : Al-Zaidi ferme plusieurs frontières avec l’Iran et promet de défendre la souveraineté après les attaques contre l’Arabie saoudite
Après les attaques visant l’Arabie saoudite depuis le territoire irakien, Bagdad hausse le ton. Le Premier ministre Ali Al-Zaidi promet que l’Irak ne servira ni de base de lancement contre ses voisins ni de terrain aux conflits régionaux, tandis que les autorités ferment plusieurs postes-frontières avec l’Iran et suspendent les liaisons aériennes avec ce pays.
L’Irak veut reprendre la main sur son territoire. Après les attaques menées contre l’Arabie saoudite depuis le sud du pays, le gouvernement de Bagdad multiplie les mesures de sécurité et affiche une ligne plus ferme à l’égard de toute tentative d’utiliser le territoire irakien pour des opérations contre les pays voisins.
Samedi, lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux élèves de l’école de police, le Premier ministre Ali Al-Zaidi a promis que son pays ne deviendrait pas un champ de bataille pour les conflits des autres. Il a également averti que l’Irak ne permettrait pas que son territoire serve de plateforme pour des attaques contre ses voisins.
« Nous ne permettrons pas que l’Irak devienne le théâtre des conflits d’autrui, ni une base de lancement pour des agressions contre nos voisins », a déclaré le chef du gouvernement, selon un communiqué de son bureau. Il a ajouté que toute tentative de porter atteinte à la sécurité du pays serait combattue par les forces irakiennes et par l’unité nationale.
Le message intervient après les accusations de Riyad selon lesquelles des attaques contre son territoire avaient été lancées depuis l’Irak. L’Arabie saoudite avait notamment fait état d’attaques visant son oléoduc Est-Ouest.
Les autorités irakiennes ont reconnu que les attaques provenaient de la province de Maysan, dans le sud du pays. Deux sources sécuritaires irakiennes citées par l’AFP ont par ailleurs affirmé que des plateformes de lancement de drones avaient été découvertes près de la frontière avec l’Iran, dans la zone reculée d’Al-Tayeb.
Face à la gravité de la situation, Bagdad a décidé de fermer plusieurs points de passage terrestres avec l’Iran et de suspendre les vols à destination et en provenance de ce pays. Le poste-frontière de Shalamcheh, dans le gouvernorat de Bassora, a notamment été fermé, avec évacuation des employés et suspension du trafic des voyageurs et des marchandises.
Des mesures similaires ont été prises aux postes d’Al-Shaib, dans la province de Maysan, de Zurbatiyah, dans celle de Wasit, et d’Al-Mundhiriya, dans le gouvernorat de Diyala.
Ces décisions ne concernent toutefois pas l’ensemble des frontières avec l’Iran. Les points de passage de Haji Omran, à Erbil, ainsi que Bashmakh et Parwezkhan, à Souleimaniyeh, restent ouverts au trafic des voyageurs et aux échanges commerciaux. Ils sont contrôlés par le gouvernement régional du Kurdistan.
Dans le même temps, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, s’est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araqchi. Les deux responsables ont évoqué les attaques contre l’Arabie saoudite, les mesures prises par Bagdad ainsi que la fermeture de plusieurs points de passage.
Pour le gouvernement irakien, la priorité est désormais d’empêcher que son territoire ne devienne un nouveau front dans l’affrontement régional. Bagdad se retrouve cependant face à une équation particulièrement sensible : préserver ses relations avec Téhéran tout en rassurant Riyad et en démontrant qu’il est capable de contrôler son propre territoire.
