Yémen : 63 morts en 24 heures dans l’escalade entre les Houthis et les forces gouvernementales
Les combats s’intensifient au Yémen, où les affrontements entre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis ont fait 63 morts en l’espace de 24 heures, selon des sources militaires des deux camps. Dans le même temps, les attaques aériennes saoudiennes et les frappes de missiles et de drones revendiquées par les Houthis contre le territoire du royaume se multiplient, faisant craindre une nouvelle extension du conflit autour de la mer Rouge et du stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Le Yémen connaît une nouvelle escalade militaire. Les combats opposant les forces gouvernementales aux Houthis se poursuivent sur plusieurs fronts, notamment dans l’ouest du pays, alors que les rebelles cherchent à consolider les gains territoriaux réalisés ces dernières semaines.
Selon des sources militaires citées par l’AFP, les affrontements des dernières 24 heures ont fait 63 morts dans les deux camps. Au moins 23 soldats gouvernementaux ont été tués dans des attaques de missiles et de drones menées par les Houthis dans les provinces de Taëz et de Lahj, selon un responsable militaire gouvernemental. De leur côté, des sources militaires houthis ont fait état de 40 combattants tués dans les frappes saoudiennes et lors des combats au sol.
Ces bilans, communiqués séparément par les deux camps, n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.La province d’al-Jawf, à la frontière avec l’Arabie saoudite, figure parmi les principaux foyers de combats. Les forces gouvernementales yéménites tentent de reprendre plusieurs positions stratégiques occupées par les Houthis, notamment autour du camp militaire d’al-Labanat, installé sur une hauteur.
Les forces pro-gouvernementales affirment avoir repris certains secteurs du camp, mais se heurtent toujours à la résistance des Houthis, qui contrôlent les hauteurs environnantes. Des images montrent des soldats gouvernementaux utilisant des armes lourdes et de l’artillerie contre des positions situées à distance.
Parallèlement aux combats terrestres, la confrontation entre les Houthis et l’Arabie saoudite s’intensifie.Dans plusieurs communiqués publiés le 16 septembre, les Houthis ont affirmé que l’aviation saoudienne avait mené une importante campagne de bombardements contre leurs positions. Selon l’agence de presse Saba, contrôlée par les rebelles, le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a déclaré que des avions de chasse F-15 saoudiens avaient effectué environ 40 frappes aériennes en l’espace de 24 heures.
Les attaques auraient visé les provinces de Taëz, de Marib et de Hajah, selon les affirmations des Houthis. Ces informations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
Le mouvement rebelle affirme également avoir riposté en attaquant plusieurs cibles sur le territoire saoudien. Il assure avoir lancé des dizaines de missiles balistiques et de drones contre des installations de Saudi Aramco à Yanbu, dans l’ouest du royaume, provoquant des incendies et des dégâts.
Les Houthis affirment également que plusieurs missiles balistiques ont atteint la base aérienne de Khamis Mushait, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite. Le mouvement revendique par ailleurs avoir abattu un drone de reconnaissance saoudien et avoir intercepté deux formations de chasseurs F-15 qui auraient pénétré dans l’espace aérien occidental du Yémen.
Les rebelles ont averti qu’ils poursuivraient leurs opérations contre le territoire saoudien tant que Riyad continuerait ses frappes aériennes et maintiendrait, selon eux, le blocus des zones sous leur contrôle. Leur discours militaire repose désormais sur une logique de représailles assumée, avec la promesse d’une intensification des attaques en cas de nouveaux bombardements saoudiens.
Cette escalade intervient alors que les Houthis ont réalisé d’importantes avancées militaires ces dernières semaines.
Le mouvement contrôle depuis plusieurs années de vastes portions du nord et de l’ouest du Yémen, notamment la capitale Sanaa et le port de Hodeida. Mais son offensive récente lui a permis de progresser davantage vers le sud et le littoral de la mer Rouge.
Les rebelles ont notamment annoncé le 17 septembre la prise de Mokha, ville portuaire stratégique située sur la côte de la mer Rouge. Cette avancée leur permet de renforcer leur présence sur le littoral et de consolider leurs positions à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.
Ce passage maritime revêt une importance stratégique majeure. Il relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une voie essentielle pour le trafic maritime entre l’océan Indien, le canal de Suez et les marchés européens.
La progression des Houthis vers cette zone accroît donc les inquiétudes concernant la sécurité de la navigation. Elle intervient alors que les attaques contre les navires et les tensions autour de la mer Rouge ont déjà perturbé les routes commerciales internationales ces dernières années.
La reprise des combats intervient ainsi dans un environnement régional particulièrement tendu, où les affrontements locaux peuvent rapidement prendre une dimension dépassant les frontières yéménites.
Sur le plan international, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé à une désescalade immédiate. Dans un message publié le 17 septembre, il a souligné que l’apaisement des tensions au Moyen-Orient devait constituer « une priorité absolue ».
Le chef de l’ONU a appelé à la cessation de tous les actes susceptibles de porter atteinte aux civils, à la poursuite des opérations humanitaires et au rétablissement complet de la liberté de navigation en mer.
António Guterres a également insisté sur la nécessité de privilégier la diplomatie et le dialogue pour éviter une nouvelle aggravation de la situation.
