Liban : Zamir doute du désarmement du Hezbollah et conditionne l’accord aux capacités de l’armée

Liban : Zamir doute du désarmement du Hezbollah et conditionne l’accord aux capacités de l’armée

Le chef d’état-major israélien Eyal Zamir a estimé mercredi que le désarmement du Hezbollah ne pourrait pas être pleinement réalisé tant que l’armée libanaise n’aurait pas considérablement renforcé ses capacités opérationnelles dans le sud du pays. Une déclaration qui intervient alors que Beyrouth affirme vouloir reprendre le contrôle des armes tout en évitant une confrontation directe avec le mouvement chiite.

En visite auprès de la 91e division israélienne déployée dans le sud du Liban, Zamir a déclaré que le désarmement du Hezbollah dans le cadre d’un accord avec le gouvernement libanais n’était « pas possible » sans une amélioration substantielle des performances de l’armée libanaise sur le terrain.

Le chef militaire israélien a également ordonné de maintenir un niveau élevé de préparation opérationnelle. Il a affirmé que l’armée israélienne avait obtenu des « résultats significatifs » dans le sud du Liban et avait affaibli les capacités du Hezbollah.

Zamir a réaffirmé la volonté d’Israël d’empêcher le mouvement de reconstituer ses capacités militaires au sud du Litani. « Nous ne lui permettrons pas de reconstituer ses capacités ni de renouveler son infrastructure », a-t-il déclaré.

Ces propos interviennent alors que le président libanais Joseph Aoun défend le rôle de l’armée dans le sud et rejette les accusations israéliennes sur son manque d’efficacité. Il affirme que les forces libanaises remplissent leurs missions dans les zones qui ne sont pas occupées par Israël et poursuivent leur déploiement dans les villages du Sud.

Aoun insiste toutefois sur les limites matérielles de l’armée libanaise et appelle les pays arabes, européens et les États-Unis à renforcer leur soutien aux forces armées. Selon le président libanais, l’objectif de l’État reste de placer les armes sous son autorité, mais sans provoquer une confrontation avec le Hezbollah.

Le débat intervient dans le cadre des négociations engagées entre Beyrouth et Israël. Aoun affirme rechercher un accord de sécurité susceptible de mettre fin à l’état d’hostilité entre les deux pays et considère les discussions directes comme le principal moyen d’éviter une nouvelle guerre.

Le président libanais doit par ailleurs participer à Paris à une conférence consacrée au soutien international à l’armée libanaise, aux côtés du président français Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie.

La question de la présence internationale dans le sud du Liban se pose également avec l’arrivée à échéance du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le Conseil de sécurité a décidé la fin de la mission à la fin décembre 2026. Déployée dans le sud depuis 1978, la FINUL compte environ 7 500 militaires issus d’une cinquantaine de pays.

Le retrait progressif de cette force fait craindre à Beyrouth un vide sécuritaire dans une région où l’armée libanaise doit encore accroître ses capacités.

Le dossier du désarmement du Hezbollah reste ainsi au cœur des discussions entre le Liban et Israël. L’accord-cadre conclu le 26 juin prévoit notamment le désarmement du mouvement, le retrait progressif des forces israéliennes des territoires occupés du sud du Liban et un renforcement du déploiement de l’armée libanaise.

Mais les déclarations de Zamir montrent que, du côté israélien, la mise en œuvre de ces engagements demeure directement liée à la capacité de l’armée libanaise à imposer son contrôle sur le terrain. De son côté, Beyrouth cherche à avancer vers le monopole de la force sans ouvrir un nouveau front intérieur avec le Hezbollah.

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