La Mecque visée par un drone : les pays arabes condamnent les Houthis, l’Algérie exprime son soutien à Riyad
L’Arabie saoudite affirme avoir intercepté un drone lancé en direction de La Mecque avant son entrée dans l’espace aérien restreint de la ville sainte. Les Houthis démentent avoir ciblé les lieux saints, tandis que l’Algérie, plusieurs pays arabes et des organisations musulmanes condamnent fermement l’attaque présumée. L’incident intervient sur fond de reprise des affrontements au Yémen et d’aggravation des tensions régionales.
La tentative présumée de viser La Mecque avec un drone provoque une vague de condamnations dans le monde arabe et musulman. L’Arabie saoudite affirme avoir intercepté mardi un engin lancé par les rebelles houthis avant qu’il ne pénètre dans l’espace aérien restreint de la ville sainte, tandis que les Houthis rejettent catégoriquement cette accusation.
Selon Riyad, il s’agit de la deuxième tentative visant La Mecque depuis 2017, lorsque l’Arabie saoudite avait affirmé avoir intercepté un missile balistique lancé en direction de la ville sainte. Les autorités saoudiennes ont qualifié l’incident de « lâche attaque terroriste » et réaffirmé leur détermination à protéger les deux saintes mosquées, les fidèles et l’ensemble du territoire national.
La réaction ne s’est pas limitée à Riyad. L’Algérie a fermement condamné ce qu’elle considère comme une attaque extrêmement dangereuse contre l’un des lieux les plus sacrés de l’islam. Alger a exprimé son soutien à l’Arabie saoudite dans ses efforts pour protéger les lieux saints ainsi que l’ensemble de son territoire, tout en réaffirmant son opposition aux attaques et aux provocations susceptibles d’alimenter l’escalade régionale.
Plusieurs autres pays arabes ont également condamné l’attaque présumée et exprimé leur solidarité avec l’Arabie saoudite. Les condamnations ont été relayées par des organisations représentant le monde musulman, alors que l’incident intervient dans une période de fortes tensions au Moyen-Orient.
L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a ainsi condamné les attaques attribuées aux Houthis contre La Mecque, Médine et le territoire saoudien. Elle a dénoncé des actes qu’elle considère comme visant des lieux saints, des mosquées et des cibles civiles, et les a présentés comme contraires aux principes islamiques ainsi qu’aux règles du droit international.
Le Pakistan a également condamné l’attaque présumée. Le Premier ministre Shahbaz Sharif a exprimé sa solidarité avec l’Arabie saoudite et qualifié l’incident de « lâche et méprisable », affirmant que la population pakistanaise était « attristée et bouleversée » par ce qui s’était produit.
Face à cette succession de condamnations, les rebelles houthis ont rejeté toute responsabilité dans une tentative de cibler La Mecque. Un porte-parole d’Ansar Allah a affirmé que les opérations menées par le mouvement visaient exclusivement des installations pétrolières et des bases militaires saoudiennes, et non les lieux saints.
Hizam al-Assad, membre du bureau politique houthi, avait déjà qualifié l’accusation saoudienne de « mensonge », estimant que Riyad reprenait une accusation déjà utilisée par le passé. Les rebelles soutiennent que leurs opérations sont dirigées contre des objectifs militaires et économiques et n’ont pas pour cible les villes saintes de l’islam.
Cette version est directement opposée à celle des autorités saoudiennes. Riyad affirme que le drone a été détecté et détruit avant d’atteindre la zone interdite entourant La Mecque. L’incident intervient alors que les échanges de frappes entre les forces saoudiennes et les Houthis se sont intensifiés.
La tension s’est également traduite par une série d’alertes aériennes. Les autorités saoudiennes ont déclenché des alertes à Djeddah et Taïf, avant d’en émettre une pour La Mecque, une première depuis le début de cette nouvelle phase du conflit. L’alerte concernant la ville sainte a toutefois été levée rapidement.
Des avertissements similaires ont ensuite été diffusés dans les régions de Khamis Mushait, Abha et Jazan. Là encore, les alertes ont été levées quelques minutes plus tard.
Ces mesures témoignent de l’élargissement géographique de la menace liée aux drones et aux missiles dans le sud et l’ouest de l’Arabie saoudite. Elles interviennent alors que les Houthis affirment avoir intensifié leurs attaques contre des installations militaires et pétrolières saoudiennes.
