Iran : Moscou renforce l’arsenal de Téhéran malgré les frappes américaines et isr

Iran : Moscou renforce l’arsenal de Téhéran malgré les frappes américaines et isr

La Russie fournit des missiles à l’Iran afin de l’aider à reconstituer ses stocks, malgré huit mois de frappes américaines et israéliennes contre ses installations militaires. Selon des informations rapportées par Bloomberg et reprises par le quotidien israélien Haaretz, Téhéran conserve des capacités balistiques et des moyens de production qui pourraient lui permettre de riposter en cas de reprise des hostilités. Sur le plan diplomatique, Vladimir Poutine a également transmis à Donald Trump la position iranienne sur un éventuel accord de paix.

D’après des responsables occidentaux cités par Bloomberg, Moscou a procédé à des livraisons de missiles à la République islamique, alors que l’incertitude demeure sur l’évolution du conflit. Le ministère russe de la Défense n’a pas répondu aux sollicitations de l’agence, tandis que la Maison-Blanche et le Pentagone n’avaient pas réagi au moment de la publication des informations.

Ces livraisons contredisent les déclarations américaines laissant entendre que les frappes aériennes avaient anéanti les capacités balistiques iraniennes. Selon des évaluations occidentales rapportées par Haaretz, l’Iran disposerait encore d’importantes réserves de missiles balistiques et de certaines armes antinavires. Le pays serait également en mesure de fabriquer de nouveaux missiles et drones, ses installations de production ayant résisté, au moins en partie, aux bombardements.

Avant le déclenchement de la guerre, le 28 février, Israël estimait à environ 2 500 le nombre de missiles balistiques détenus par l’Iran. Le volume actuel de cet arsenal reste inconnu. En juin, des services de renseignement occidentaux estimaient toutefois que Téhéran conservait près de 75 % de ses munitions d’avant-guerre. Depuis le début du conflit, l’Iran aurait lancé plus de 4 000 drones Shahed et au moins 2 000 missiles balistiques, selon Bloomberg Economics.

Les évaluations restent néanmoins contrastées. Jim Lamson, ancien analyste de la CIA et chercheur invité au King’s College de Londres, estime que les frappes américano-israéliennes ont probablement lourdement endommagé les capacités de production iraniennes. À l’inverse, Becca Wasser, responsable des questions de défense chez Bloomberg Economics, souligne que la suspension des frappes américaines a offert à Téhéran un délai pour reconstituer ses moyens militaires. Elle met en garde contre un conflit susceptible de s’enliser sans avantage décisif pour l’un ou l’autre camp.

Au-delà des livraisons de missiles, la coopération militaire entre Moscou et Téhéran pourrait s’étendre à des technologies plus avancées. Le Financial Times avait rapporté le mois dernier que la Russie aidait secrètement l’Iran, depuis 2023, à développer des missiles de croisière supersoniques. Des ingénieurs russes participeraient notamment à la conception d’un moteur destiné à ces armes, qui pourraient à terme représenter une menace supplémentaire pour les navires de guerre américains.

Cette assistance militaire intervient alors que Moscou entend également jouer un rôle diplomatique dans le conflit. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a informé Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique vendredi 9 octobre, de la position iranienne concernant un éventuel accord destiné à mettre fin à la guerre. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a précisé samedi que cette démarche avait été menée en coordination avec le président iranien, Massoud Pezeshkian.

Vladimir Poutine avait proposé son aide pour mettre fin aux hostilités lors d’une rencontre avec son homologue iranien, en marge d’un sommet de la Communauté des États indépendants organisé au Turkménistan. Le Kremlin n’a toutefois donné aucun détail sur la réponse américaine ni sur les conditions défendues par Téhéran.

Les efforts diplomatiques restent dans l’impasse depuis plusieurs mois. Ni le cessez-le-feu conclu en avril, ni le protocole d’accord signé en juin, ni les échanges menés en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre n’ont permis de mettre un terme aux hostilités. Dans ce contexte, les livraisons russes pourraient contribuer au maintien des capacités militaires iraniennes, tandis que les initiatives diplomatiques de Moscou se poursuivent.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *