Monaco : Circonstances troublantes du décès du petit-cousin du prince Albert II
La mort d’Antoine de Massy, petit-cousin du prince Albert II de Monaco, prend une nouvelle dimension avec les premiers éléments révélés par l’enquête. Retrouvé sans vie le dimanche 25 octobre au pied d’un immeuble du quartier du Larvotto, en bord de mer, le jeune homme de 29 ans serait décédé à la suite d’une chute de 13 mètres depuis le boulevard surplombant les lieux.
L’enquête judiciaire, ouverte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, a conduit à la mise en examen et au placement en détention provisoire d’un ressortissant ukrainien de 42 ans. Ce dernier serait la dernière personne à avoir été vue en compagnie de la victime avant sa mort. Un élément qui retient particulièrement l’attention des enquêteurs, lesquels cherchent désormais à reconstituer avec précision les dernières heures d’Antoine de Massy.
Les investigations devront notamment déterminer dans quelles circonstances le jeune homme a fait cette chute mortelle, établir le rôle éventuel du suspect et comprendre ce qui s’est réellement passé avant la découverte de son corps. À ce stade, les circonstances exactes du drame restent à éclaircir.
La découverte du corps, dans la soirée du dimanche 25 octobre, avait initialement suscité de nombreuses interrogations sur les circonstances du décès. Si l’autopsie a permis d’établir une première hypothèse sur le mécanisme de la mort, elle ne suffit pas à expliquer comment le jeune homme s’est retrouvé dans cette situation. Les investigations doivent notamment déterminer si la chute est accidentelle, si elle a été précédée d’un incident ou si l’intervention d’un tiers a joué un rôle dans le drame.
Un élément particulièrement important a été porté à la connaissance des enquêteurs : Antoine de Massy aurait été aperçu à la sortie d’une boîte de nuit, dans la nuit précédant la découverte de son corps. Le jeune homme aurait alors été vu titubant et soutenu par un autre individu. Cette scène, si elle est confirmée et précisément établie, pourrait constituer un élément déterminant pour comprendre la chronologie des événements.
L’état dans lequel se trouvait le jeune homme à ce moment-là, l’identité de la personne qui l’accompagnait et la nature de leur relation figurent ainsi parmi les questions susceptibles d’intéresser les enquêteurs. Il s’agit notamment de déterminer si Antoine de Massy était en mesure de se déplacer seul, s’il avait besoin d’assistance et ce qui s’est produit entre sa sortie de l’établissement nocturne et sa chute. Les éventuels témoignages, les images de vidéosurveillance et les constatations techniques pourraient contribuer à préciser cette séquence.
C’est dans ce contexte que la police judiciaire monégasque a interpellé, lundi 26 octobre, un homme de 42 ans, de nationalité ukrainienne et résidant dans la Principauté depuis une trentaine d’années. À l’issue de sa garde à vue et des premières investigations, le parquet a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire. Le suspect a ensuite été présenté à un juge d’instruction, qui l’a inculpé pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, avant de décider son placement en détention provisoire.
Le procureur général a précisé que les deux qualifications pénales retenues pourraient concerner des faits commis à des moments différents. Cette distinction est importante pour la suite de l’enquête : les magistrats cherchent à établir non seulement les circonstances de la chute, mais également si une situation de danger avait précédé le décès et si le comportement de la personne mise en cause a pu avoir des conséquences sur l’issue du drame.
Lors de sa garde à vue, le ressortissant ukrainien a contesté les faits qui lui sont reprochés. Présenté au juge d’instruction, il n’a, selon le parquet, pas souhaité répondre aux questions du magistrat. Les autorités n’ont, en revanche, pas détaillé les éléments matériels qui ont conduit à retenir les deux qualifications pénales ni précisé la nature exacte des actes susceptibles de lui être reprochés. Son placement en détention provisoire ne constitue pas une déclaration de culpabilité, celle-ci devant être établie dans le cadre de la procédure judiciaire.
L’information judiciaire ouverte par le parquet doit précisément permettre de dépasser les premières constatations et de reconstituer le déroulement des faits. Les investigations devront notamment établir la position de la victime avant la chute, les circonstances de sa présence sur le boulevard du Larvotto, les éventuels échanges avec le suspect et les conditions dans lesquelles une assistance aurait pu ou non lui être apportée. La chronologie entre la sortie de la boîte de nuit, la chute et la découverte du corps représente un enjeu central de cette procédure.
Au-delà de ses circonstances, cette disparition revêt une dimension particulière en raison des liens familiaux du jeune homme avec la dynastie princière monégasque. Antoine de Massy était le fils de Christian Louis de Massy, neveu du prince Rainier III et cousin germain du prince Albert II. Il était également le petit-fils de la princesse Antoinette, sœur aînée de Rainier III et tante du souverain actuel. Il appartenait ainsi à une branche de la famille Grimaldi profondément ancrée dans l’histoire de la Principauté.
Son histoire familiale est également liée à celle du sport automobile monégasque. Son arrière-grand-père, Antony Noghès, est en effet le fondateur du Grand Prix de Monaco, l’une des compétitions les plus emblématiques du calendrier automobile international. Antoine de Massy était, pour sa part, passionné de tennis et issu d’une famille historiquement attachée à cette discipline dans la Principauté.
L’annonce de son décès avait été faite par le Palais princier dans un communiqué publié lundi. Le prince Albert II et son épouse, la princesse Charlène, y avaient exprimé leur profonde tristesse et adressé leurs condoléances à la famille et aux proches du défunt. Le Palais avait notamment rappelé son attachement au tennis et son appartenance à une famille dont l’histoire est étroitement liée à la vie sportive monégasque.
Désormais, l’enjeu judiciaire dépasse la seule détermination de la cause médicale du décès. Si les premières conclusions de l’autopsie orientent vers une chute de 13 mètres, les circonstances précises de celle-ci restent à établir. La présence présumée d’un homme aux côtés d’Antoine de Massy peu avant le drame, puis l’inculpation d’un ressortissant ukrainien pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, donnent à l’affaire une dimension judiciaire qui reste à éclaircir.
Les prochaines investigations devront notamment permettre de répondre à une question essentielle : que s’est-il passé entre le moment où le jeune homme a été aperçu à la sortie d’une boîte de nuit et celui où son corps a été découvert sur le terre-plein du Larvotto ? C’est à cette reconstitution des dernières heures d’Antoine de Massy que devra s’attacher le juge d’instruction, avant que les responsabilités éventuelles puissent être établies.
