Clôture 2025 du marché pétrolier : Troisième baisse annuelle consécutive pour le Brent
Le mercredi 31 décembre 2025, le pétrole brut Brent a clôturé à environ 60,85 dollars le baril, en baisse de 0,8 %, tandis que le WTI américain s’établissait autour de 57,42 dollars, en repli de 0,9 %. Ces niveaux confirment une année difficile pour le marché pétrolier, marquée par une baisse annuelle d’environ 19 % pour le Brent – la plus forte depuis 2020 – et près de 20 % pour le WTI. Il s’agit de la troisième année consécutive de pertes pour le Brent, une série inédite.
Malgré un début d’année tonique porté par des tensions géopolitiques, l’offre abondante et les craintes d’une demande molle ont dominé. Le marché a connu des pics initiaux liés aux sanctions américaines renforcées sur la Russie (sous l’administration Biden sortante), perturbant les flux vers la Chine et l’Inde, ainsi qu’à l’escalade en Ukraine (attaques de drones sur infrastructures énergétiques) et à des conflits au Moyen-Orient (guerre Iran-Israël en juin, tensions au Yémen impliquant l’Arabie saoudite et les Émirats). Un blocus américain sur les exportations vénézuéliennes sous l’administration Trump a également soutenu temporairement les cours.
Cependant, ces primes de risque géopolitiques n’ont pas compensé l’accélération des augmentations de production par l’OPEP+ (environ 2,9 millions de barils/jour remis sur le marché depuis avril) et les inquiétudes sur la croissance économique mondiale, amplifiées par les tarifs douaniers américains. L’OPEP+ a finalement suspendu les hausses prévues pour le premier trimestre 2026, avec une prochaine réunion fixée au 4 janvier, afin d’éviter une surabondance accrue.
La plupart des analystes anticipent un excédent d’offre en 2026, avec des estimations variant de 2 millions de barils/jour (Goldman Sachs) à 3,84 millions (AIE). Jason Ying, analyste chez BNP Paribas, prévoit un Brent à 55 dollars au T1 2026, avant une remontée à 60 dollars par la suite, grâce à une normalisation de la croissance de l’offre et une demande stable. Les producteurs de schiste américains, hedgés à des niveaux élevés, maintiennent une offre résiliente, moins sensible aux prix bas.
Sur l’année, le Brent a évolué dans une tendance baissière dominante, avec des rebonds correctifs limités. Les cours oscillent actuellement autour de 60-62 dollars, avec un support clé vers 55-57 dollars et une résistance majeure à 65 dollars. Les indicateurs (RSI neutre, MACD en amélioration limitée) suggèrent une consolidation en range, sans inversion claire de tendance.
Scénario haussier : Une discipline accrue de l’OPEP+, une persistance des risques géopolitiques et une demande plus robuste (notamment en Asie) pourraient soutenir un plancher autour de 60 dollars, avec un potentiel test de 65-70 dollars si les excédents s’avèrent moindres que prévu.
Scénario baissier (favori des analystes) , Une surabondance persistante, une production non-OPEP+ vigoureuse et une croissance économique modérée pourraient pousser le Brent vers 55 dollars, voire plus bas, amplifiant les pressions sur les producteurs à haut coût.
Ainsi, 2025 s’achève sur une note prudente, avec un marché pétrolier plombé par l’offre excédentaire malgré des soutiens géopolitiques intermittents. 2026 s’annonce volatile, dominée par les équilibres offre/demande et les décisions de l’OPEP+.
