Pétrole sous pression : un marché saturé et une Algérie suspendue au fil des 60 dollars

Pétrole sous pression : un marché saturé et une Algérie suspendue au fil des 60 dollars

Les prix du pétrole ont affiché une tendance baissière le mardi 20 janvier 2026, clôturant en légère baisse ou en phase de consolidation après plusieurs semaines de fortes fluctuations. Cette orientation traduit les craintes persistantes d’un excédent mondial de l’offre, lesquelles continuent de peser sur les marchés, malgré quelques soutiens ponctuels liés à des perturbations temporaires de l’approvisionnement.

À la clôture de la séance, le Brent de la mer du Nord évoluait entre 63,91 et 64,02 dollars le baril, oscillant autour du seuil symbolique des 64 dollars, tandis que le WTI américain s’échangeait entre 59,33 et 59,55 dollars, en consolidation autour de 59,50 dollars après un léger rebond intraday. Ces niveaux, relativement stables en apparence, masquent toutefois une pression baissière persistante, alimentée par des fondamentaux de plus en plus défavorables.

Le marché continue en effet de digérer les projections récentes de l’EIA (U.S. Energy Information Administration), qui anticipent un excédent structurel du marché pétrolier en 2026. Selon ces prévisions, la production mondiale de liquides devrait augmenter d’environ 1,4 million de barils par jour, un rythme supérieur à la croissance attendue de la demande, jugée plus modérée. Cette divergence devrait se traduire par une accumulation massive des stocks, estimée jusqu’à 2,8 millions de barils par jour en moyenne sur l’année, un facteur historiquement synonyme de pression durable sur les prix.

Dans ce contexte, les anticipations des analystes convergent. L’EIA, l’IEA ainsi que plusieurs institutions financières, dont Goldman Sachs, prévoient désormais un Brent moyen autour de 56 dollars en 2026, tandis que le WTI pourrait évoluer vers 52 dollars. Ces perspectives incitent les investisseurs à la prudence, limitant les achats spéculatifs et freinant toute tentative de rebond durable.

Parallèlement, les indicateurs économiques mondiaux, notamment en Asie et en Chine, signalent un ralentissement de l’activité manufacturière et une consommation de carburants moins dynamique que prévu en ce début d’année. À cela s’ajoutent les tensions commerciales naissantes, marquées par des menaces de droits de douane américains visant l’Europe, qui accentuent l’incertitude sur la croissance mondiale et renforcent la nervosité des marchés.

l’absence d’escalade majeure au Moyen-Orient, en particulier autour de l’Iran, a permis aux opérateurs de réduire certaines positions défensives, favorisant une correction technique à la baisse. Toutefois, cette dynamique a été partiellement contenue par des incidents ponctuels d’offre : au Kazakhstan, des incendies ont entraîné des arrêts temporaires de production sur les champs de Tengiz et Korolev, resserrant brièvement l’offre physique et soutenant un léger rebond intraday. Ces perturbations ont ainsi empêché une chute plus marquée des cours.
Dans ce contexte énergétique mondial sous tension, les regards ne se portent plus uniquement sur le prix du baril, mais également sur la fiabilité et la suffisance de l’approvisionnement électrique, un domaine où les énergies renouvelables, associées au stockage et au gaz, deviennent progressivement incontournables.

Pour l’Algérie, les prix bas du pétrole en ce début de 2026 dessinent une ligne de crête dangereusement étroite. Le seuil des 60 dollars le baril est respecté de justesse, évitant pour l’instant un choc immédiat, mais sans offrir la moindre marge de sécurité face à une poursuite de la baisse, scénario jugé crédible par l’EIA et l’IEA en cas de confirmation du surplus mondial.

Certes, Sonatrach poursuit l’avancement de ses projets, qu’il s’agisse de la hausse de la production, du développement de la pétrochimie ou de l’optimisation des capacités existantes. Toutefois, une baisse prolongée des cours exposerait inévitablement le pays à des tensions budgétaires accrues, à une réduction de la capacité d’investissement public et, à terme, à des risques sociaux renforcés, soulignant une fois de plus la vulnérabilité structurelle de l’économie algérienne face aux cycles pétroliers.

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