Derrière les inondations, l’effondrement d’infrastructures à l’agonie

Derrière les inondations, l’effondrement d’infrastructures à l’agonie

Alger – La tempête Harry s’éloigne, mais elle laisse un bilan bien plus accablant que les torrents de boue qui ont submergé le pays cette semaine : le ciel n’est pas le seul responsable. Si le drame a coûté la vie à au moins deux personnes depuis le 20 janvier 2026, la rage des Algériens vise une infrastructure urbaine qualifiée de « minable » et totalement dépassée.

La tragédie de ces jours – la mort d’une adolescente de 13 ans à Chlef et d’un homme de 66 ans à Relizane – n’a rien d’une simple fatalité météorologique. De Médéa à Alger, le même cauchemar se répète : les routes se muent en rivières furieuses dès les premières averses.

Experts et habitants dénoncent un assainissement catastrophique. Dans de très nombreuses villes, les réseaux d’évacuation sont soit engorgés par les ordures faute d’entretien, soit ridiculement sous-dimensionnés face à une urbanisation anarchique et sans maîtrise. « On bâtit des quartiers entiers sans bassins de rétention ni systèmes d’évacuation dignes de ce nom », accuse un ingénieur hydraulicien qui parle carrément d’anarchie urbanistique.

Le gouvernement a bien déployé ses équipes et ouvert des cellules de crise à Relizane, mais pour beaucoup c’est du « pansement sur jambe de bois ». Tant que la politique de l’eau se résume à multiplier les usines de dessalement pour contrer la sécheresse tout en ignorant la protection des villes contre les inondations, chaque bulletin météo spécial deviendra synonyme d’angoisse collective.

La gestion chaotique de 2026 prouve que l’Algérie a l’argent, mais pas l’ingénierie ni la gouvernance qui va avec. Les deux victimes de cette semaine n’ont pas seulement été emportées par la pluie : elles ont payé le prix d’un urbanisme qui a oublié comment laisser l’eau s’écouler sans tuer.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *