Les généraux continuent d’offrir les jeunes Algériens en pâture aux poissons de la Méditerranée

Les généraux continuent d’offrir les jeunes Algériens en pâture aux poissons de la Méditerranée

Dans mon pays riche en ressources, où nous nageons littéralement sur des mers de pétrole et de gaz, nos jeunes meurent sur l’autre rive, mus par l’appât du rêve européen. Un survivant de la catastrophe collective de noyade a livré un témoignage glaçant qui fait frémir.

Il a révélé les détails de la tragédie qui a coûté la vie à 72 jeunes Algériens et Algériennes en haute mer, après que leur quête d’une vie meilleure se soit transformée en un combat désespéré contre la mort qui a duré plusieurs jours.

Dans une vidéo enregistrée, le rescapé a expliqué que le voyage avait débuté depuis la zone de Sidi Salem en direction des Draouch, avec à bord 73 personnes (72 jeunes hommes et femmes plus le propriétaire du bateau). Après avoir parcouru environ 130 kilomètres en haute mer, le dispositif de navigation GPS est tombé en panne, laissant l’embarcation perdue dans les eaux territoriales.

Il a insisté sur le fait que les jeunes ont tenté de s’orienter grâce à la boussole d’un téléphone portable volé à l’un des passagers, mais la batterie s’est rapidement épuisée, les laissant complètement désorientés au milieu des vagues déchaînées.

Il a décrit des jours terribles en pleine mer, sans nourriture, sans eau potable, sans possibilité de se laver, obligés de faire leurs besoins devant tout le monde, filles et garçons, sans aucune pudeur ni séparation. Certains volaient la nourriture et l’eau des autres. Ils s’accrochaient à l’espoir, parfois au détriment de la vie de leurs compagnons. Les plus lucides parmi eux écopaient manuellement l’eau qui s’infiltrait dans le bateau pour empêcher qu’il ne coule.

Malgré le passage de navires et d’hélicoptères au-dessus d’eux, leurs tentatives de signaler leur présence avec des fusées de détresse sont restées vaines.

Puis, avec le renforcement du vent et la montée des vagues, une lame puissante a frappé le bateau vers quatre heures du matin, le faisant couler entièrement et projetant tous les passagers à la mer.

Le survivant raconte les derniers instants : « Si je n’avais pas utilisé les corps de deux de mes compagnons noyés pour flotter, je serais aujourd’hui, moi aussi, au nombre des victimes des généraux des ténèbres de ce pays… »

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