Hafid Derradji : moralisateur à l’écran, au cœur d’un scandale impliquant son épouse
Les réseaux sociaux et certains cercles médiatiques arabes ont été secoués, ces derniers jours, par une nouvelle vague d’accusations virulentes visant le commentateur sportif algérien Hafid Derradji, figure controversée de la chaîne qatarie beIN Sports. Cette campagne – qualifiée par certains d’« offensive la plus brutale » jamais subie par un journaliste sportif arabe – dépasse largement le cadre du débat professionnel pour plonger dans des allégations personnelles et morales explosives : orientation sexuelle supposée homosexuelle et doutes graves sur la filiation de ses enfants.
La rumeur principale remonte à octobre 2023 et refait surface régulièrement : une prétendue arrestation de Derradji à Istanbul, en Turquie, dans un appartement ou un hôtel de luxe qualifié de « lieu de débauche » ou de « prostitution haut de gamme ». Des vidéos YouTube et publications sur X (ex-Twitter) – souvent issues de comptes marocains ou pro-marocains – affirment qu’il aurait été surpris nu et en situation intime avec un jeune homme, potentiellement égyptien, suite à un différend violent. Ces contenus évoquent une intervention diplomatique algérienne pour étouffer l’affaire, avec l’appui présumé du palais présidentiel d’El Mouradia. Derradji a toujours démenti formellement ces allégations, les qualifiant de « pures fabrications » et expliquant qu’il effectuait un simple séjour touristique sans aucun incident judiciaire. Aucune source officielle turque ni preuve documentaire (procès-verbal, photo authentifiée) n’a jamais corroboré ces récits, qui semblent davantage relever d’une campagne de diffamation motivée par des rivalités géopolitiques algéro-marocaines.
Parallèlement, les attaques les plus venimeuses portent sur la vie privée familiale. Des publications sur Facebook et X diffusent des montages comparatifs et des photos prétendant démontrer une « ressemblance frappante » entre le plus jeune fils de Derradji et un responsable qatari de beIN Sports nommé Ahmed Ibrahim Abdullah. L’épouse du commentateur, parfois citée sous le nom de Fayza Talloubi ou Fayza El Toulbi, aurait travaillé autrefois dans les coulisses de la chaîne qatarie et entretenu des liens « suspects » avec des cadres supérieurs. Ces rumeurs insinuent que la position influente de Derradji au sein de beIN repose non sur son talent, mais sur des « arrangements personnels » et des « concessions intimes », remettant en cause l’honneur conjugal et suggérant une paternité adultérine. Certains posts vont jusqu’à évoquer une demande de divorce de l’épouse après « l’affaire turque », voire un projet de test ADN pour lever le doute sur la filiation.
Ces allégations restent, à ce jour, confinées au domaine des rumeurs numériques : pas de plainte déposée, pas d’enquête judiciaire, pas de confirmation de la part de beIN Sports ni de Derradji lui-même sur ces points précis. Elles s’inscrivent dans un contexte de guerre informationnelle larvée entre l’Algérie et le Maroc, où le commentateur est régulièrement taxé de « porte-voix des généraux » ou de « mégaphone du régime » en raison de ses prises de position tranchées contre Rabat, notamment sur la question du Sahara occidental. La récurrence de ces attaques – souvent amplifiées par des comptes anonymes ou partisans – suggère une instrumentalisation politique plus qu’une révélation factuelle.
Au final, cette tempête médiatique illustre les dérives des réseaux sociaux lorsqu’ils deviennent arènes de règlement de comptes régionaux. Entre calomnies recyclées et absence criante de preuves tangibles, elle pose la question classique : s’agit-il d’une tentative concertée de destruction d’image d’un commentateur clivant, ou d’éléments occultes qui refont surface ? Sans éléments nouveaux et vérifiables, ces accusations demeurent ce qu’elles sont : du bruit toxique sur fond de rivalités nationales, loin de toute vérité établie.
