Le pétrole s’envole vers les 120 dollars : tensions au Moyen-Orient et blocage du détroit d’Ormuz secouent les marchés énergétiques
Les marchés pétroliers ont connu une séance lundi 9 mars 2026 particulièrement violente, marquée par une flambée historique des cours du brut. Le prix du baril a brièvement dépassé la barre symbolique des 120 dollars dans la nuit de dimanche à lundi (avec des pics intraday atteignant jusqu’à 119,50 dollars pour le Brent et similaires pour le WTI),
À l’ouverture des échanges européens, vers 07h45 GMT, les deux principales références mondiales du pétrole affichaient toujours des hausses très importantes sur une seule journée. Le baril de Brent crude, référence pour les marchés européens, s’échangeait autour de 106 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence nord-américaine, atteignait environ 109 dollars, soit des progressions supérieures à 15 % en vingt-quatre heures.
Au cœur de cette flambée se trouve le blocage partiel du Détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le Golfe persique aux marchés internationaux. Chaque jour, près d’un cinquième du pétrole mondial transite par cette étroite voie maritime, ce qui en fait l’un des corridors énergétiques les plus sensibles de la planète.
Toute perturbation dans cette zone provoque immédiatement une onde de choc sur les marchés. Les tensions militaires croissantes dans la région, combinées aux risques d’attaques contre les infrastructures énergétiques et les navires pétroliers, ont renforcé la perception d’un risque majeur d’approvisionnement.
Pour les acteurs du marché, le scénario d’un blocage prolongé du détroit représenterait un choc logistique considérable, susceptible de perturber durablement les flux pétroliers provenant notamment d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït ou encore de l’Irak.
La flambée ne se limite pas au pétrole. Les marchés du gaz naturel ont eux aussi réagi à la détérioration du contexte géopolitique. Sur la plateforme européenne de référence Title Transfer Facility (TTF), les prix ont progressé d’environ 5,2 %, atteignant 53,39 euros par mégawattheure.
Cette hausse traduit les inquiétudes croissantes d’un effet domino sur l’ensemble du secteur énergétique. L’Europe, déjà fragilisée par plusieurs années de volatilité énergétique et par sa forte dépendance aux importations, reste particulièrement exposée aux chocs géopolitiques susceptibles de perturber les chaînes d’approvisionnement.
Face à l’ampleur de la crise, plusieurs analystes évoquent désormais des scénarios nettement plus extrêmes pour les prix du pétrole. Si les tensions militaires venaient à s’intensifier ou si le blocage du détroit d’Ormuz devait se prolonger, certains experts n’excluent plus un baril durablement au-dessus de 120 dollars. Dans les hypothèses les plus pessimistes, les cours pourraient même s’approcher de la barre des 140 dollars.
Dans ce contexte particulièrement instable, les marchés financiers restent suspendus à l’évolution minute par minute de la situation au Moyen-Orient. Les opérateurs surveillent avec attention les mouvements militaires dans la région ainsi que les réactions des grandes puissances et des principaux producteurs de pétrole.
