Les prix du pétrole ont augmenté de 12 % en l’absence de signes d’apaisement du conflit en Iran
Les prix du pétrole ont enregistré une hausse de 12 %, en l’absence de signes d’apaisement du conflit en Iran. La flambée du marché résulte de la prolongation des tensions au Moyen-Orient, qui suscite des craintes d’une perturbation durable du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique transportant près d’un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.
Le prix du pétrole brut WTI américain pour livraison en mai a bondi à 112,06 dollars le baril, soit la plus forte hausse journalière depuis six ans, tandis que le Brent pour livraison en juin a dépassé les 109 dollars le baril. Dans certains rapports, le Brent aurait même atteint 141,36 dollars le baril, un niveau inédit depuis la crise financière de 2008, reflétant une offre mondiale fortement contrainte.
La flambée s’explique notamment par les inquiétudes croissantes après le discours du président américain Donald Trump, le 2 avril, annonçant la possibilité de frappes « très fortes » contre l’Iran dans les 2 à 3 semaines suivantes, tout en laissant la porte ouverte à des négociations. Ces déclarations ont refroidi les espoirs d’apaisement et renforcé l’aversion au risque sur les marchés.
Parallèlement, l’Iran a annoncé collaborer avec Oman pour mettre en place un mécanisme de surveillance du trafic des pétroliers, entraînant une légère baisse des prix, tout en rappelant que le détroit reste sous contrôle des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Le conflit israélo-américain avec l’Iran, désormais dans son deuxième mois, a quasiment paralysé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Une perturbation prolongée pourrait plonger le marché dans l’une des crises énergétiques les plus sévères jamais enregistrées.
Les informations des pays concernés restent contradictoires : Trump évoque un possible cessez-le-feu iranien, tandis que Téhéran dément ces allégations. Selon Giles Alston, expert en risques politiques chez Oxford Analytica, les États-Unis semblent avoir cessé d’intervenir directement dans le transport maritime via le détroit, laissant la résolution du problème aux parties concernées.
Les analystes estiment que le marché se trouve dans le pire des scénarios, avec aucun signe clair de solution diplomatique. Les prix du diesel dépassant 200 dollars le baril en Europe suggèrent que les cours actuels des contrats à terme ne reflètent probablement pas l’ampleur complète de la crise énergétique mondiale.
Pour les investisseurs, cette situation impose prudence et diversification. Les portefeuilles exposés aux énergies fossiles doivent envisager des couvertures contre la volatilité, tandis que les placements dans des secteurs moins dépendants du pétrole pourraient offrir un refuge temporaire face à cette crise sans précédent.
