Algérie-Tunisie : le pain de la honte, ou comment les généraux transforment le pétrole en baguettes importées
Dans un contexte marqué par les mutations rapides des marchés mondiaux et les tensions économiques qui pèsent sur la région maghrébine, des rapports médiatiques ont récemment diffusé des chiffres jugés alarmants et hautement controversés sur la balance commerciale alimentaire entre l’Algérie et sa voisine tunisienne, qualifiée avec dérision de « petite sœur de l’Est ». Ces publications évoquent un volume de consommation de pain en provenance de Tunisie dépassant les 4 millions d’unités par jour, avec des projections inquiétantes selon lesquelles le pain pourrait bientôt dominer la liste des importations algériennes et devenir une denrée rare sous la gouvernance des généraux. Certains vont jusqu’à ironiser cruellement : l’Algérie finirait par troquer son pétrole contre du pain.
Ces informations surgissent alors que toute la région affronte d’immenses défis pour atteindre une véritable souveraineté alimentaire. Si les échanges de biens à travers la frontière tunisienne restent dynamiques, souvent via des circuits formels ou informels, les économistes scrutent avec scepticisme ce chiffre spectaculaire de 4 millions de pains quotidiens. L’Algérie, pays aux ressources pourtant considérables mais mal gérées, dépend massivement des importations de blé tendre – la matière première essentielle – provenant principalement de Russie et de France. Les données officielles pour 2025 et 2026 indiquent que le pays produit et consomme localement autour de 10 millions de pains par jour, grâce à un vaste réseau de boulangeries nationales fortement subventionnées.
Parler d’importations massives de pain déjà cuit soulève donc de sérieuses questions logistiques : comment justifier les coûts de transport et la fragilité d’un produit périssable comme le pain sur de telles distances ? Un citoyen résume avec amertume le malaise ambiant : avec une population estimée à près de 50 millions d’habitants, même 10 millions de pains par jour semblent insuffisants face à la demande réelle, surtout quand on ajoute les besoins des zones frontalières, les échanges parallèles et les circuits non officiels. Cette pression reflète surtout un besoin urgent de coordination agricole régionale, que le régime semble incapable d’organiser.
Pourtant, l’Algérie figure toujours parmi les plus grands importateurs mondiaux de céréales. Selon les rapports internationaux, elle achète chaque année environ 9 à 10 millions de tonnes de blé, démentant ainsi les déclarations triomphales du président Abdelmadjid Tebboune, raillé ici comme « le machiavélique Tebboune » ou « oncle Tebboune », sur une supposée autosuffisance en matière de blé et de pain. Les observateurs y voient moins un afflux réel de pains tunisiens cuits qu’un symptôme criant de l’aggravation de la crise du coût des subventions et de l’approvisionnement en matières premières.
Si la sécheresse persiste, si la mauvaise gestion et la répartition inéquitable des richesses pétrolières et gazières se maintiennent, et si les prix mondiaux des céréales continuent de fluctuer, la facture alimentaire alourdira encore davantage le budget de l’État. La faim du peuple, déjà profondément éprouvé et floué, s’intensifiera, et les files d’attente devant les boulangeries deviendront interminables et étouffantes.
Voilà la triste réalité de cette « Algérie nouvelle » : un pays riche en hydrocarbures mais incapable de nourrir dignement ses citoyens, réduit à dépendre du pain de la voisine tunisienne. Et vive le vénéré « oncle Tebboune », ironisent les plus amers, dans une conclusion qui traduit toute la colère et le sarcasme de l’auteur face à l’échec flagrant d’un système qui préfère les discours aux réalités.
