Louisa Hanoune, la voix servile des généraux : quand le mensonge devient arme de propagande
Dans une déclaration qui relève davantage de la farce grotesque que de l’analyse politique, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a osé affirmer que la situation en Algérie est « largement meilleure » que celle de la France, de l’Europe et des États-Unis. Selon cette figure usée par des années de complaisance envers le régime, les Champs-Élysées se transformerait en allées de la misère, New York souffrirait de pénuries alimentaires, tandis que les rues algériennes ruisselleraient d’une prospérité absolue. Un discours qui frise le délire, prononcé par une dirigeante qui semble avoir définitivement troqué la réalité pour un scénario de science-fiction taillé sur mesure pour les casernes du pouvoir.
La réalité que vivent les Algériens dément chaque mot de cette propagande éhontée. Des files d’attente interminables s’étirent quotidiennement devant les bureaux de poste, les épiceries et les points de distribution de lait, d’huile et de semoule. Les coupures d’électricité et les robinets à sec rythment le quotidien de millions de familles, pendant que l’inflation galopante rend la viande un luxe inaccessible et transforme l’achat d’un simple sachet de lait en épreuve humiliante. Les hôpitaux manquent de pansements et d’antibiotiques de base, et les jeunes, confrontés à ce naufrage, n’ont qu’une obsession : monter sur les « harraga », ces embarcations de la mort, pour fuir vers l’Europe. Ils ne partent pas pour secourir des Français ou des Américains en détresse, mais pour échapper à un enfer que les propagandistes du régime qualifient de « paradis ».
Hanoune ne voit rien de cela. Elle ignore volontairement l’effondrement du pouvoir d’achat, les pharmacies vides et les quartiers populaires où la faim et la soif sont devenues des compagnons quotidiens. Au lieu de cela, elle se livre à des exercices de contorsion intellectuelle pour défendre le système qui a transformé l’Algérie en une vaste prison à ciel ouvert. Son rôle n’est plus celui d’une opposante, mais celui d’une courroie de transmission docile au service des généraux. En recyclant le discours officiel, elle polit l’image d’un régime qui a fait du mensonge d’État une doctrine et de la désinformation une industrie. Le Parti des travailleurs, jadis porteur de revendications sociales, s’est mué en simple appendice des services de sécurité, chargé de berner un peuple déjà épuisé par des décennies de pillage et de répression.
Pendant que Hanoune disserte sur les budgets militaires américains ou les difficultés françaises, le citoyen algérien mène une guerre de survie permanente : contre la cherté de la vie, contre l’absence de services publics dignes de ce nom, contre un avenir confisqué. Les généraux, eux, continuent de vider les caisses de l’État pour financer le luxe des camps de Tindouf, les banquets du Polisario et les alliances douteuses avec des mercenaires venus d’ailleurs. Le contraste est saisissant : d’un côté, un peuple réduit à mendier son pain ; de l’autre, une caste militaire et ses relais politiques qui se pavanent dans l’opulence et le déni.
Cette sortie de Louisa Hanoune n’est pas une simple maladresse. Elle incarne la déchéance d’une opposition de façade, fabriquée et entretenue dans les couloirs du pouvoir pour donner l’illusion du pluralisme. En niant la misère visible à l’œil nu, elle insulte l’intelligence collective et méprise la souffrance réelle des Algériens. Le régime et ses porte-voix espèrent encore vendre l’illusion d’une « force frappante » qui tiendrait tête au monde, alors que la jeunesse vote avec ses pieds en risquant sa vie pour quitter ce « paradis » vanté par les officiels.
Le peuple algérien n’est pas dupe. Il voit clair dans ce jeu cynique où l’on tente de maquiller l’échec systémique en victoire historique. Les larmes des mères qui font la queue à l’aube, les regards vides des jeunes sans avenir et la colère sourde qui monte dans les quartiers populaires finiront par balayer ces discours mensongers et ceux qui les prononcent. Car l’histoire ne pardonne ni aux tyrans ni à leurs complices qui, sous couvert de « défense du pays », n’ont fait que défendre leurs privilèges et leurs postes. Le jour où ce peuple se lèvera, ni les déclarations grandiloquentes ni les parades médiatiques ne sauveront ceux qui ont transformé l’Algérie en cauchemar pour les uns et en banquet permanent pour les autres.
