Les cités universitaires algériennes, repaires de la prostitution et du vice sous le regard complice du régime
Tandis que des familles modestes de Batna, de Constantine ou d’Oran accompagnent leurs fils et filles jusqu’aux portes des résidences universitaires, chargés d’espoirs immenses et de prières sincères pour que l’université les arrache enfin à la misère, se déroule dans l’ombre, derrière ces murs censés protéger la vertu et nourrir l’esprit, une déchéance qui glace le sang. La vie des étudiants s’est muée en marchandise bon marché, offerte sur les étals d’un marché aux esclaves moderne où le prix n’est ni un avenir professionnel ni une ambition légitime, mais une pizza froide, un parfum de contrefaçon ou une invitation à dîner dans un restaurant prétentieux.
Ce qui passait autrefois pour des cas isolés est devenu une plaie ouverte qui ronge tout le tissu universitaire du pays. Le campus, autrefois sanctuaire, n’est plus qu’une destination prisée pour des visiteurs venus du Golfe, de France ou de Turquie. Ce ne sont pas des investisseurs sérieux qui franchissent nos frontières, mais des chasseurs d’êtres humains en quête de chair fraîche. Le scénario se répète avec une régularité écœurante : des voitures de luxe rôdent aux sorties des cités de Ben Aknoun à Alger, de M’douha à Tizi Ouzou ou ailleurs ; des rendez-vous se fixent via les applications de rencontre pour se terminer dans des appartements meublés ou des hôtels louches où l’innocence se brise contre quelques billets froissés.
Le plus révoltant n’est pas seulement l’acte lui-même, mais sa misérable contrepartie. Nous ne parlons pas ici de réseaux internationaux sophistiqués comme ceux qui sévissent à Dubaï, à Marseille ou à Doha. Nous assistons à l’effondrement moral d’une jeunesse entière échangée contre un repas rapide ou un maillot de l’équipe de France. L’étudiant ou l’étudiante, issu d’un foyer où le père fait la queue des heures pour un pain et où la mère vend ses bijoux pour habiller ses enfants, croit vivre un moment de luxe alors qu’il s’enfonce dans le bourbier de l’exploitation sexuelle.
Le mal ne s’arrête pas à la prostitution ordinaire. Il s’étend désormais au vice le plus abject : le dévoiement sexuel qui se propage comme un incendie dans les rangs des jeunes, souvent mineurs ou à peine majeurs. Sous couvert de « liberté personnelle » et de « modernité », des étrangers venus de France, des nantis du Golfe ou des Turcs profitent de la frustration sexuelle et du désir de rébellion contre la société et la religion pour entraîner ces âmes fragiles dans des pratiques contre nature. L’absence totale de surveillance dans les cités offre un terrain fertile : le surveillant ferme les yeux moyennant un bakchich ou une part du gâteau, tandis que l’administration, rongée par la corruption, regarde ailleurs. Tous deviennent complices d’un crime contre l’honneur des familles algériennes et contre les valeurs fondatrices de notre peuple.
Ce qui se trame sous le prétexte de quête du savoir constitue une trahison majeure. Trahison envers ce père épuisé par les files d’attente interminables, trahison envers cette mère qui se prive de tout pour ses enfants. Ce sont des nuits rouges où la dignité des étudiants se consume sur l’autel des plaisirs dévoyés d’étrangers en goguette, dans un silence assourdissant des autorités de tutelle. Le ministère de l’Enseignement supérieur et les œuvres universitaires se contentent de fournir des lits sales et des repas avariés, oubliant leur mission première : protéger les corps et les consciences.
Nous sommes face à une bombe à retardement. Transformer les résidences universitaires en simples lieux de transit pour des rencontres douteuses, exploiter la pauvreté matérielle et le désir sexuel des jeunes pour les précipiter dans le marécage de la débauche et du vice, annonce le début de la fin. Un enseignement qui n’est plus défendu par la morale devient un poison pour ceux qui le reçoivent. Le campus qui se change en nid de prostitution et de perversion ne formera jamais des cadres compétents ni des ingénieurs honnêtes. Il ne produira que des corps souillés, privés d’âme pure, vendus avant même d’avoir commencé leur véritable vie dans cette Algérie prétendument « nouvelle ».
Le régime, occupé à museler les voix libres et à piller les richesses du pays, laisse pourrir cette jeunesse. Son silence complice face à cette gangrène morale révèle sa véritable nature : un pouvoir qui a renoncé à protéger son peuple pour mieux le maintenir dans l’ignorance et la servitude. Il est temps que les Algériens honnêtes ouvrent les yeux : l’université n’est plus un ascenseur social, elle est devenue un tombeau pour la dignité nationale.
