Le pétrole frôle les 117 dollars avec la crainte d’un blocus prolongé à Ormuz

Le pétrole frôle les 117 dollars avec la crainte d’un blocus prolongé à Ormuz

Les marchés pétroliers ont connu une forte accélération ce 29 avril 2026, avec un baril de Brent qui a frôlé les 117 dollars, porté par l’intensification des tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz et la perspective d’un blocus prolongé de la région.

Vers 14h GMT, le Brent s’échangeait à 117,09 dollars, tandis que le WTI atteignait 104,94 dollars, enregistrant une hausse de plus de 5 % en séance. Cette flambée s’explique principalement par la montée des inquiétudes concernant la stabilité des flux énergétiques mondiaux, dans une zone par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial.

Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine de Donald Trump envisagerait un blocus prolongé des ports iraniens, dans le cadre d’une stratégie visant à accentuer la pression sur Téhéran et à obtenir des concessions sur le programme nucléaire. Cette option intervient après plusieurs cycles de négociations infructueux et dans un contexte de cessez-le-feu jugé fragile.

En réaction, l’Iran a menacé de maintenir ses perturbations dans le détroit d’Ormuz tant que les mesures américaines seraient en place, faisant de ce passage maritime un point de friction majeur. Plusieurs analystes estiment que cette situation pourrait s’inscrire dans la durée, alimentant un risque structurel sur l’offre mondiale.

Donald Trump, de son côté, a réitéré ses positions offensives sur Truth Social, affirmant que les discussions sont désormais « au point mort » et appelant l’Iran à réagir rapidement.

Les investisseurs anticipent désormais un choc d’offre prolongé, lié à la fois aux perturbations logistiques au Moyen-Orient et à la reconstitution progressive des stocks mondiaux. Selon Ole Hansen de Saxo Bank, le marché intègre de plus en plus l’hypothèse d’une tension durable sur l’approvisionnement énergétique mondial.

Le Brent a ainsi atteint son plus haut niveau depuis le cessez-le-feu, poursuivant une trajectoire haussière marquée depuis le 20 avril, où il évoluait autour de 95 dollars, jusqu’à plus de 117 dollars actuellement.

Toutefois, cette dynamique reste partiellement contenue par des stocks américains encore élevés, qui limitent pour l’instant le risque d’une pénurie immédiate.

Dans ce contexte, les ajustements de l’offre mondiale ajoutent une couche d’incertitude supplémentaire. Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’OPEP à partir de mai, une décision qui pourrait théoriquement ajouter jusqu’à un million de barils par jour sur le marché, soit environ 1 % de la demande mondiale. Mais son impact reste limité tant que les flux du Golfe sont perturbés.

Par ailleurs, la Banque mondiale prévoit une hausse de 24 % des prix de l’énergie en 2026 si les tensions actuelles persistent.

Les marchés financiers, eux, restent prudents : les Bourses européennes et américaines affichent de légers reculs, reflétant l’inquiétude des investisseurs face à une crise énergétique qui s’installe dans la durée

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