L’Ukraine dénonce les achats israéliens de grain ukrainien pillé par la Russie

L’Ukraine dénonce les achats israéliens de grain ukrainien pillé par la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Israël mardi d’importer des céréales volées par la Russie dans les territoires occupés depuis l’invasion de 2022. Kiev, grand exportateur agricole mondial, a convoqué l’ambassadeur israélien lundi pour protester contre cette « inaction » face à des navires suspects.

Les autorités ukrainiennes affirment que ces flux s’inscrivent dans un mécanisme d’exploitation économique des zones occupées, où les productions agricoles seraient prélevées puis réintroduites sur les marchés internationaux via des circuits de redistribution opaques. Pour Kiev, il s’agit d’un enjeu majeur de souveraineté économique, directement lié à la reconnaissance ou non de l’occupation russe.

Dans une intervention vidéo diffusée en ligne, Volodymyr Zelensky a affirmé qu’un nouveau navire transportant des céréales issues des territoires occupés aurait accosté dans un port israélien.

« Un autre navire transportant ce type de céréales est arrivé dans un port israélien et se prépare à décharger », a-t-il déclaré. « Il ne s’agit pas d’une activité commerciale légitime. Les autorités israéliennes ne peuvent ignorer la cargaison des navires qui accostent. »

Le président ukrainien met en cause la responsabilité des États importateurs, estimant qu’ils disposent des moyens techniques et administratifs permettant d’identifier l’origine réelle des cargaisons issues de zones de conflit.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Kiev afin d’exprimer une protestation officielle. Les autorités ukrainiennes dénoncent une absence de réaction suffisamment ferme face à l’arrivée de cargaisons suspectes dans les ports israéliens.

Pour Kiev, cette situation dépasse le simple cadre commercial et soulève une question politique : celle de la légitimité des ressources extraites de territoires sous occupation militaire.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a rejeté les accusations ukrainiennes, affirmant que Kiev n’avait présenté aucun élément concret permettant d’établir la provenance illégale des céréales évoquées.

Il a également appelé à privilégier les canaux diplomatiques traditionnels pour traiter ce type de différends, estimant que leur exposition publique complique la recherche de solutions.

« Pas de débats publics entre nations amies », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’un dialogue fondé sur des vérifications factuelles.

La Russie occupe aujourd’hui une position dominante sur le marché mondial du blé, tandis que l’Ukraine demeure un acteur agricole majeur à l’échelle internationale, selon les données de la FAO 2023.

La guerre a profondément perturbé les circuits d’exportation, notamment dans les régions agricoles passées sous contrôle russe. Kiev accuse régulièrement Moscou de détourner les récoltes issues de ces zones pour les intégrer à ses propres flux commerciaux.

Ces accusations interviennent dans un contexte où la traçabilité des matières premières agricoles devient un enjeu central du commerce international, en particulier dans les zones touchées par des conflits armés.

L’Ukraine cherche à renforcer la pression internationale afin de limiter toute commercialisation de produits issus des territoires occupés, tandis qu’Israël exige des preuves vérifiables avant toute reconnaissance d’irrégularité.

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