Liberté sous le couperet : Le Professeur Abderrahim Guerna, nouvelle victime de la « Bande »

Liberté sous le couperet : Le Professeur Abderrahim Guerna, nouvelle victime de la « Bande »

Alors que les tribunes officielles s’époumonent à chanter les louanges du progrès démocratique et de la liberté d’expression, érigée en pierre angulaire de l’édifice étatique, l’élite académique se retrouve sous le couperet des poursuites judiciaires. Le professeur Abderrahim Guerna, enseignant à l’université de Mostaganem, n’aurait jamais imaginé que la critique des politiques publiques sur un espace virtuel le mènerait des amphithéâtres à l’obscurité d’une cellule pour une année de prison ferme.
Tandis que la Constitution garantit au citoyen le droit à la contestation politique, la sentence prononcée contre Guerna soulève des questions fondamentales : où s’arrête le plafond de la critique politique licite et où commence la criminalisation systématique ? Les rapports et les attendus confirment que les publications de l’universitaire ne contenaient ni insultes, ni calomnies, ni attaques personnelles contre le chien de Tebboune et ses sbires ; elles se concentraient sur l’analyse des performances du pouvoir exécutif — essence même de l’exercice démocratique dans toute société se prétendant ouverte.
L’arrestation d’une sommité scientifique de la trempe de Guerna n’est pas passée sans fracas dans les universités algériennes ; elle a instauré un véritable climat de terreur intellectuelle. Les citoyens y voient une volonté d’incarcérer les universitaires et les intellectuels pour faire taire la voix de la raison — celle qui analyse et démonte la politique de la « Bande » — et pas seulement la contestation de la rue. L’espace bleu a ainsi été transformé : de tribune de débat sociétal, il est devenu un champ de mines juridique où chaque mot est traqué avec une précision microscopique.
Emprisonner un professeur d’université pour une opinion politique est une double perte : une perte pour la liberté de pensée et une perte pour une génération d’étudiants privés du savoir de leur maître. Comment un État revendiquant le progrès et la transition démocratique peut-il à ce point s’offusquer de simples publications sur les réseaux sociaux ? Ce paradoxe met la crédibilité politique du gouvernement de l’efféminé Tebboune au défi devant les instances internationales et les organisations des droits de l’homme.
Alors que l’on vante une liberté totale en Algérie, les verrous posés sur la cellule d’Abderrahim Guerna prouvent que le plafond de cette liberté reste extrêmement bas, particulièrement lorsqu’on approche de la zone rouge des décideurs du Palais d’El Mouradia. Condamner Abderrahim Guerna à un an de prison ferme est un message codé adressé à quiconque oserait utiliser sa plume ou son clavier pour critiquer le « système » des généraux. Mais l’histoire nous enseigne que les idées ne s’emprisonnent pas derrière des barreaux et que l’étouffement des voix libres ne fait qu’accentuer la colère sourde qui couve sous la cendre.
La question reste suspendue dans l’esprit des Zawaliya : quand la liberté en Algérie cessera-t-elle d’être un slogan de circonstance pour les forums médiatiques pour devenir une pratique quotidienne protégée par la loi, au lieu d’être un délit puni, pour une jeunesse révoltée, par les arrestations et les viols ?

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