Limogeage du wali Benhaddou : la lutte des factions et les coulisses d’un scandale de corruption de généraux
Le bref communiqué émanant de la Présidence de la République et personnellement du charlatan Tebboune, prononçant la fin des fonctions du wali délégué de la ville nouvelle de Sidi Abdellah, Benhaddou Djamel Abdelmoumen, n’était pas une simple mesure administrative routinière. Alors que la machine médiatique officielle et le palais d’El Mouradia continuaient de justifier cette décision par la « commission d’une faute professionnelle grave », les analyses politiques et des sources bien informées se sont empressées de déconstruire les motivations inavouées, révélant les contours d’une crise plus profonde liée à la gestion des deniers publics et à l’influence des centres de pouvoir des généraux et de leurs fils au sein de la hiérarchie.
Selon des informations ayant fuité de l’entourage présidentiel et le communiqué officiel, le sort du wali délégué a été scellé sous le motif de manquement professionnel. Ces justifications sont l’outil traditionnel utilisé par le pouvoir militaire pour mettre fin aux fonctions de responsables sans avoir à s’engager dans des détails susceptibles d’ouvrir la porte à des débats publics sur les mécanismes de contrôle et de gestion des grands projets urbains et économiques. En revanche, des observateurs des affaires locales ont présenté un tout autre récit, situant le limogeage dans le contexte d’une guerre contre les dénonciateurs de corruption, et non contre les corrupteurs. Ces analyses indiquent que Djamel Abdelmoumen Ben Haddou a fait face à son destin après avoir mis le doigt sur des irrégularités financières et des dépassements qualifiés de suspects dans les budgets de secteurs vitaux relevant de l’autorité administrative de sa ville, et après avoir formellement exigé l’ouverture d’une enquête approfondie et la reddition des comptes par les responsables concernés, qu’il s’agisse de généraux ou d’hommes d’affaires influents. Cette démarche est considérée, selon les analystes, comme un franchissement des lignes rouges non écrites tracées par la clique des généraux, et a été perçue comme une menace directe pour des réseaux d’intérêts imbriqués, provoquant la fureur du chef d’état-major de l’Armée, le général d’armée Saïd Chengriha. Les analyses politiques suggèrent que le limogeage du wali est survenu à la demande directe et sous la pression du commandement de l’état-major, à laquelle le président fantoche et pitre Tebboune a cédé en activant ses prérogatives constitutionnelles, afin d’éviter tout affrontement avec l’institution militaire qui constitue le pilier fondamental du pouvoir dans le pays. Ce qui confère à cette affaire des dimensions encore plus complexes, c’est que c’est la deuxième fois que le wali limogé se heurte aux cercles d’influence liés au palais d’El Mouradia et à la sphère d’acier des généraux. En effet, des observateurs politiques font état de rapports sur un conflit antérieur et larvé entre le wali délégué et le roquet Tebboune, centré sur des questions foncières et d’investissement dans la région. Ces rapports évoquent des désaccords virulents concernant l’accaparation de terrains stratégiques et la cession d’autres surfaces au profit d’investisseurs étrangers, dans le cadre d’affaires obscures dont les ramifications et les intérêts s’étendent jusqu’à des capitales européennes, notamment Paris et Rome, rendant le maintien du wali à son poste impossible, compte tenu de l’intersection de l’influence de la famille du président avec les intérêts des hommes de l’armée qui dirigent de facto le pays. Cet événement relance le débat sur la nature du pouvoir en Algérie et l’imbrication des prérogatives entre la présidence civile et le commandement de l’armée. Les observateurs des affaires locales estiment que cette affaire confirme l’absence d’autonomie administrative et l’incapacité des responsables locaux à exercer leurs missions de contrôle pour protéger les deniers publics, dès lors que cela entre en conflit avec les intérêts du président, des généraux et de leurs entourages, tandis que la décision politique au palais d’El Mouradia demeure otage des grandes lignes tracées par le commandement de l’état-major de l’armée. Quant au dossier foncier, les terres et les grands projets du pays restent un terrain d’arrière-garde pour la distribution de privilèges et l’achat de loyautés, au lieu d’un véritable développement pour le citoyen modeste et lésé. L’éviction de Djamel Abdelmoumen Ben Haddou demeure ainsi un exemple éloquent de la manière dont les affaires publiques sont gérées dans les coulisses du pouvoir dans le pays, où le droit se mêle à la politique, et où les équilibres sécuritaires et familiaux de Tebboune et des généraux priment sur l’intérêt de la nation et du citoyen.
