Les cours du pétrole restent stables malgré l’intensification des tensions entre Washington et Téhéran

Les cours du pétrole restent stables malgré l’intensification des tensions entre Washington et Téhéran

Les prix du pétrole évoluaient sans grande variation jeudi, au lendemain d’une forte hausse provoquée par un regain de tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran. Si les investisseurs restent attentifs aux risques pesant sur le détroit d’Ormuz, principal corridor énergétique mondial, les marchés semblent désormais moins sensibles à l’intensification des tensions entre Washington et Téhéran

Vers 09h45 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, s’établissait à 78,01 dollars le baril, en très légère baisse de 0,01 %, tandis que le WTI américain gagnait 0,04 %, à 73,55 dollars le baril.

Cette stabilité intervient après une séance particulièrement volatile mercredi, au cours de laquelle le Brent avait franchi le seuil symbolique des 80 dollars, son plus haut niveau depuis plus de deux semaines.

Dans la nuit, les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre des cibles militaires iraniennes. Téhéran affirme avoir riposté en visant des intérêts alliés de Washington dans le Golfe, alimentant les inquiétudes sur la sécurité de la région.

« Le marché ne considère pas encore cela comme une véritable ré-escalade majeure », estime Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets, rappelant que Donald Trump a indiqué que l’Iran souhaitait toujours parvenir à un accord. Selon lui, ces développements s’inscrivent désormais dans « les gros titres habituels » auxquels les marchés se sont progressivement habitués.

Même analyse chez Swissquote, où Ipek Ozkardeskaya souligne que « l’effet de surprise est désormais beaucoup plus faible », ce qui limite les réactions excessives des investisseurs face aux nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz.

Les opérateurs demeurent néanmoins extrêmement vigilants concernant le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) échangés dans le monde.

Donald Trump a annoncé mercredi la fin du cessez-le-feu conclu avec l’Iran dans le cadre du protocole visant à garantir la réouverture du détroit. Dans le même temps, Téhéran continue de revendiquer son droit à imposer des droits de passage aux navires empruntant cette voie maritime.

Selon l’armée américaine, l’Iran aurait également attaqué mardi au moins trois navires commerciaux transitant dans la zone, ravivant les craintes d’une perturbation durable des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Face à cette instabilité, plusieurs assureurs spécialisés dans les risques de guerre recommandent aux compagnies maritimes de suspendre temporairement certaines traversées du détroit d’Ormuz. D’autres réévaluent les conditions de couverture proposées aux navires opérant dans la région, signe que les tensions géopolitiques se répercutent désormais sur le secteur du transport maritime.

Goldman Sachs privilégie un scénario de reprise progressive des discussions diplomatiques, avec un retour à la normale des flux pétroliers d’ici la fin du mois de juillet.

À l’inverse, une aggravation du conflit, de nouvelles attaques contre les pétroliers ou un durcissement des sanctions visant les exportations iraniennes pourraient rapidement propulser les prix du brut vers de nouveaux sommets.

À ces tensions s’ajoute enfin la décision de la Russie de suspendre temporairement ses exportations de diesel afin de sécuriser son marché intérieur, confronté à des difficultés d’approvisionnement après plusieurs attaques de drones contre des raffineries, une mesure susceptible de maintenir la pression sur les marchés des carburants.

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