Le détroit d’Ormuz quasiment paralysé : le Brent franchit les 90 dollars, les marchés redoutent une crise pétrolière mondiale

Le détroit d’Ormuz quasiment paralysé : le Brent franchit les 90 dollars, les marchés redoutent une crise pétrolière mondiale

Le marché pétrolier a de nouveau été secoué lundi par l’escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près de 20 % du commerce mondial de pétrole, était quasiment paralysé, provoquant une envolée des cours du brut. Le Brent a franchi en séance la barre symbolique des 90 dollars le baril, une première depuis plus d’un mois, avant de réduire une partie de ses gains en fin de journée.

En seulement 20 jours, le Brent a bondi de plus de 23 %, enregistrant sa plus forte hausse mensuelle depuis plusieurs années, tandis que les investisseurs redoutent une perturbation durable de l’approvisionnement mondial.

Selon des sources iraniennes relayées par plusieurs médias, plus aucun navire ne traversait le détroit d’Ormuz dimanche. Téhéran affirme que le passage restera fermé tant que les États-Unis poursuivront leurs opérations militaires contre l’Iran.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir pris le contrôle total du détroit et imposé un unique couloir de navigation placé sous leur autorité. Ils ont indiqué avoir intercepté plusieurs navires ayant ignoré leurs avertissements, tandis que deux pétroliers seraient restés immobilisés après des incidents techniques.

Parallèlement, le Bureau britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a signalé l’incendie d’un navire au large d’Oman, accentuant la nervosité des armateurs. De nombreux pétroliers ont préféré rester au large en attendant une amélioration de la situation.

Les États-Unis ont mené leur neuvième nuit consécutive de bombardements contre des installations iraniennes. Washington affirme vouloir réduire les capacités de Téhéran à menacer la navigation commerciale dans le Golfe.

En réponse, l’Iran a revendiqué plusieurs opérations contre des installations militaires américaines au Koweït et en Jordanie, tandis que des groupes armés alliés à Téhéran en Irak ont menacé d’élargir leurs attaques contre les intérêts américains dans toute la région.

Les stocks mondiaux de pétrole se sont fortement réduits ces derniers mois, limitant la capacité du marché à absorber un choc d’approvisionnement prolongé.

Selon plusieurs experts, si le blocage du détroit d’Ormuz devait se prolonger, les primes de risque sur le pétrole pourraient encore augmenter. Certains anticipent désormais un Brent durablement autour de 90 dollars au troisième trimestre 2026, avec un risque de nouvelles flambées en cas d’escalade militaire.

La hausse des prix du brut s’est immédiatement répercutée sur les marchés financiers et le secteur énergétique. Les grandes compagnies pétrolières ont fortement progressé en Bourse, tandis que les valeurs liées au transport maritime restaient sous pression.

Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence est repassé au-dessus de 4 dollars le gallon, alimentant les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et l’inflation à quelques mois des élections de mi-mandat. Les analystes estiment que tant qu’aucune solution diplomatique ne sera trouvée entre Washington et Téhéran, les marchés pétroliers resteront extrêmement volatils.

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