Le Brent repasse au-dessus de 95 dollars, dopé par l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran

Le Brent repasse au-dessus de 95 dollars, dopé par l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran

Les prix du pétrole poursuivent leur envolée sous l’effet de l’intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Pour la onzième nuit consécutive, l’armée américaine a mené de nouvelles frappes sur des cibles iraniennes, alimentant les craintes d’une perturbation durable des exportations d’hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient.

Dans ce contexte, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, a brièvement dépassé les 95 dollars le baril, atteignant 95,47 dollars, son plus haut niveau depuis près de six semaines. En début d’après-midi, le contrat pour livraison en septembre progressait encore de plus de 3 %, à 94,40 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) américain suivait la même tendance, gagnant 3,23 % à 87,33 dollars le baril.

Cette flambée des cours reflète les inquiétudes croissantes des marchés face au risque d’une interruption des flux énergétiques dans une région qui concentre une part essentielle de la production mondiale de pétrole. Les déclarations du président américain Donald Trump, affirmant que les États-Unis n’en avaient « pas fini du tout » avec l’Iran, ont renforcé les craintes d’une escalade prolongée.

Selon Washington, les frappes visent à réduire la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Les autorités américaines estiment qu’un contrôle iranien de cette voie maritime constituerait un risque majeur pour la sécurité énergétique internationale.

Parallèlement, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, accentuant les tensions en mer Rouge. Plusieurs pétroliers saoudiens auraient modifié leur itinéraire afin d’éviter le détroit de Bab el-Mandeb, privilégiant un passage par le canal de Suez, ce qui rallonge les trajets et augmente les coûts de transport.

Les prix du gaz naturel progressent eux aussi, sous l’effet d’une forte demande saisonnière. L’Europe poursuit le remplissage de ses stocks en vue de l’hiver, tandis que la consommation d’électricité explose en Asie en raison des fortes chaleurs estivales. À cela s’ajoutent les perturbations des exportations de gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar, ce qui renforce la concurrence entre acheteurs.

Pour les analystes, cette nouvelle escalade géopolitique accroît les risques de perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et pourrait raviver les tensions inflationnistes si les prix de l’énergie demeurent durablement élevés.

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