Marchés : le pétrole dévisse avec l’accalmie entre les États-Unis et l’Iran
Les cours du pétrole ont fortement reculé lundi, enregistrant une baisse de plus de 6 %, alors que les marchés misent sur une désescalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran après trois nuits consécutives sans frappes américaines. Les investisseurs espèrent qu’une trêve durable permettra la reprise progressive du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial.
Vers 06h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, chutait de 6,08 % à 90,90 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, suivait la même tendance avec un recul de 6,11 %, à 83,85 dollars.
Cette correction intervient après près de deux semaines de bombardements américains sur le territoire iranien. Depuis vendredi soir, aucune nouvelle opération militaire n’a été signalée. Téhéran affirme avoir également suspendu ses actions. « Notre stratégie étant essentiellement défensive et fondée sur la riposte, nous avons nous aussi interrompu nos opérations », a déclaré le porte-parole de l’armée iranienne, Mohammad Akraminia.
Du côté américain, l’ambassadeur à l’ONU, Mike Waltz, a indiqué que le président Donald Trump laissait toujours « une marge » aux négociations avec la République islamique, tout en maintenant la menace d’une reprise des opérations militaires si les discussions venaient à échouer.
Pour Michael Wan, analyste à la banque MUFG, le scénario privilégié reste celui d’une désescalade progressive. Selon lui, plusieurs facteurs plaident en faveur d’un apaisement : les capacités militaires américaines pourraient être temporairement limitées après plusieurs jours d’opérations intensives, la proximité des élections de mi-mandat pousse également Washington à éviter une flambée durable des prix de l’énergie, tandis que les pays du Golfe ont tout intérêt à un retour à la stabilité. L’analyste souligne également que la Chine aurait joué un rôle croissant dans les efforts diplomatiques entre les deux camps.
Les opérateurs restent particulièrement attentifs à la situation dans le détroit d’Ormuz, dont la navigation demeure fortement perturbée sous contrôle iranien. Toute perspective de réouverture de cette voie maritime stratégique contribue à détendre les marchés pétroliers.
Cependant, les risques géopolitiques ne disparaissent pas totalement. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont annoncé un blocus maritime visant les ports saoudiens, faisant planer une nouvelle menace sur les exportations régionales de pétrole.
Les investisseurs se souviennent qu’à la mi-juin, la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran avait fait replonger le Brent autour de 70 dollars avant que la reprise des hostilités ne provoque une spectaculaire envolée des cours tout au long du mois de juillet.
La détente sur le marché pétrolier a redonné de l’oxygène aux places financières asiatiques, pénalisées la semaine précédente par la hausse des prix de l’énergie et le recul des valeurs technologiques.
Les analystes de Tokai Tokyo Securities estiment qu’un ralentissement des craintes inflationnistes pourrait favoriser un retour des investisseurs vers les valeurs cycliques.
À Tokyo, l’indice Nikkei a terminé la séance en hausse de 0,50 %, à 64.931 points. La Bourse de Séoul a progressé de 0,97 %, Sydney de 1,39 %, tandis que Taïwan est restée quasiment stable. À Hong Kong, le Hang Seng gagnait près de 1 % en cours de séance.
Sur le marché des devises, le yen japonais s’est légèrement raffermi face au dollar, regagnant 0,17 % après avoir touché la semaine dernière son plus faible niveau depuis quatre décennies.
L’autre événement marquant de la journée est venu de Chine. Le fabricant de mémoires électroniques ChangXin Memory Technologies (CXMT) a réalisé une entrée spectaculaire à la Bourse de Shanghai, son titre bondissant de plus de 500 % lors des premiers échanges.
La société, qui a levé 66,6 milliards de yuans (8,6 milliards d’euros), a brièvement atteint une capitalisation d’environ 3.500 milliards de yuans (453 milliards d’euros), dépassant même la banque ICBC pour devenir, le temps de quelques heures, la première entreprise cotée de Chine continentale.
CXMT ambitionne désormais de concurrencer les géants sud-coréens Samsung Electronics et SK Hynix sur le marché des puces mémoire. Cette introduction en Bourse, la plus importante jamais réalisée par une entreprise technologique en Chine continentale, illustre la volonté de Pékin d’accélérer son autonomie dans les semi-conducteurs et de renforcer ses capacités dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.
