Le pétrole réagit à l’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran
Après quatre séances consécutives de hausse, les cours du pétrole ont franchi de nouveaux seuils, portés par l’aggravation des tensions entre Washington et Téhéran, les restrictions commerciales imposées par les Émirats arabes unis à l’Iran et la persistance des tensions sur les stocks américains. Le Brent, référence mondiale du marché, a dépassé les 91 dollars le baril, tandis que le WTI américain a franchi la barre des 85 dollars, avant de connaître une légère correction technique.
Le marché de l’or noir traverse ainsi une nouvelle séquence de forte tension. Le Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, est resté au-dessus de 90 dollars en clôture, gagnant 0,66 % à 91,62 dollars le baril. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en septembre, a progressé de 1,05 %, à 85,83 dollars.
Cette nouvelle poussée des cours s’explique d’abord par l’impasse persistante entre les États-Unis et l’Iran. Donald Trump a affirmé mardi qu’« aucune conversation ni discussion » n’était en cours ni prévue avec Téhéran. Le président américain continue toutefois d’assurer que le détroit d’Ormuz est « ouvert et fonctionnel » et que les mines qui entravaient la navigation ont été neutralisées.
De son côté, l’Iran maintient que son verrou sur ce passage maritime stratégique tient toujours. Cette contradiction alimente une forte incertitude sur les volumes réels d’hydrocarbures transitant par Ormuz, passage essentiel pour le commerce mondial du pétrole. Pour Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, cette incertitude constitue précisément l’un des principaux facteurs de soutien aux cours.
À cette tension géopolitique s’ajoute une nouvelle escalade économique. Donald Trump a annoncé mercredi une opération « sans précédent » contre l’Iran, menaçant de lourdes conséquences tout pays qui apporterait un soutien financier ou logistique à la République islamique. L’échec du protocole de trêve de 60 jours conclu en juin autour de la situation dans le détroit d’Ormuz renforce encore la nervosité des marchés, où chaque déclaration politique est désormais susceptible de provoquer de nouvelles fluctuations.
Sur le front commercial, les Émirats arabes unis ont suspendu « jusqu’à nouvel ordre » tout commerce, échange et transaction financière avec l’Iran. Abou Dhabi justifie cette décision par une escalade régionale qu’il attribue notamment au tir de deux missiles balistiques iraniens.
Téhéran rejette ces accusations et évoque la possibilité d’une « opération sous faux pavillon ». Cette confrontation verbale fait craindre une extension des tensions à d’autres acteurs du Golfe. La décision des Émirats contribue ainsi à isoler davantage l’Iran tout en renforçant la prime de risque intégrée dans les prix du brut.
Les fondamentaux du marché constituent l’autre moteur de la hausse. Selon les données de l’American Petroleum Institute (API), les stocks de brut aux États-Unis poursuivent leur baisse, réduisant les disponibilités immédiates et renforçant les inquiétudes sur l’équilibre entre l’offre et la demande.
Ainsi, entre l’impasse diplomatique entre Washington et Téhéran, les tensions autour du détroit d’Ormuz, le durcissement des mesures commerciales et la baisse des stocks américains, plusieurs facteurs convergent pour soutenir les prix du pétrole. Le marché reste particulièrement sensible à toute nouvelle déclaration ou décision susceptible d’affecter l’approvisionnement mondial, maintenant une forte prime de risque sur les cours.
