Pétrole : le Brent franchit 95 dollars, l’escalade entre Washington et Téhéran ravive la menace sur Ormuz
Les prix du pétrole restent ancrés à des niveaux élevés, portés par la nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran et par les craintes croissantes autour des exportations énergétiques du Moyen-Orient.
Le WTI a signé une troisième séance consécutive de hausse, clôturant à 91,01 dollars le baril, en progression de 0,9 %. Le Brent de la mer du Nord a gagné 1 %, à 95,63 dollars, franchissant ainsi pour la première fois depuis fin juillet le seuil des 95 dollars.
La tension géopolitique constitue désormais le principal moteur du marché. Les États-Unis ont mené une nouvelle série de frappes aériennes contre l’Iran, tandis que Donald Trump a averti que de nouvelles opérations suivraient en cas de riposte iranienne.
Téhéran a ensuite lancé des attaques de représailles contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, trois pays accueillant des forces américaines. Cette extension du conflit ravive directement les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures et des routes énergétiques de la région.
Au centre des préoccupations figure une nouvelle fois le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part majeure des flux mondiaux de pétrole. Toute perturbation durable de la navigation dans cette zone exercerait une pression immédiate sur l’offre mondiale et accentuerait la volatilité des cours.
« Le marché intègre clairement le risque d’un conflit militaire direct entre les États-Unis et l’Iran, tandis que la probabilité de résoudre le problème par la négociation a diminué », estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef chez Global Risk Management à Copenhague.
La hausse des cours intervient toutefois dans un marché où certains indicateurs américains restent favorables à la demande. Les données hebdomadaires de l’Energy Information Administration (EIA) montrent que l’activité des raffineries américaines a atteint son niveau le plus élevé en sept ans.
Dans le même temps, les importations américaines d’essence sont tombées à 370 000 barils par jour la semaine dernière, un niveau inférieur à celui enregistré durant la même période en 2020.
Le marché pétrolier se retrouve ainsi pris entre deux forces contradictoires : d’un côté, une activité de raffinage américaine soutenue ; de l’autre, une prime géopolitique qui s’accroît avec chaque nouvelle attaque et chaque menace visant les infrastructures et les voies d’approvisionnement du Moyen-Orient.
