Fuyant les files d’attente de l’humiliation et de la honte à bord des embarcations de la mort : ainsi commence la quête de l’Algérien pour une dignité bafouée
Il est incontestable et nul ne peut contester qu’aucun appareil médiatique, quelle que soit sa perfidie et sa ruse, ne peut vendre une belle image d’un régime militaire dictatorial qui se nourrit de la chair et du sang de ses citoyens. D’autant plus si le peuple de ce régime vit une réalité économique et sociale misérable et dégoûtante. Nous commençons notre propos par cette vérité éclatante : des milliers d’âmes algériennes ont péri sur les rochers d’Espagne, de France et d’Italie, dans une fuite qui n’était pas un simple mouvement passager, mais un témoignage criant séparant ce qui est dit sur les tribunes des médias officiels et les rêves du pathétique Tebboune dans la Nouvelle Algérie, de ce que le citoyen malheureux endure comme humiliation et ignominie dans les files d’attente, les dépotoirs et les décharges.
Jour après jour, l’écart criant se révèle entre le récit officiel des médias corrompus du Palais d’El Mouradia et la misérable réalité vécue, à travers les crises successives qui étouffent le simple citoyen dans sa vie quotidienne. Car les artifices médiatiques ne peuvent plus masquer les files d’attente interminables de produits de première nécessité, ni les manifestations d’une pauvreté extrême qui poussent les chômeurs et les démunis à chercher leur pitance quotidienne dans les décharges et les amoncellements d’ordures, et poussent les femmes, des plus fières aux plus démunies, à vendre leur corps à tout visiteur de notre pays et à vil prix. En effet, cette dégradation économique et sociale n’est ni le fruit du hasard ni celui d’une catastrophe naturelle, mais la conséquence inéluctable d’un système dictatorial mené par une poignée de militaires qui se nourrit des crises de son peuple malheureux, et préfère allouer des ressources et des fonds colossaux à la construction d’une poigne sécuritaire de fer et à la consolidation des piliers d’un pouvoir militaire barbare, au lieu du développement et de l’investissement dans l’être humain. Avec l’impasse des horizons de liberté et l’aggravation de la répression sociale et matérielle, le désespoir s’est transformé d’un simple sentiment intérieur en un moteur collectif d’évasion. Ainsi, jeunes hommes et jeunes femmes préfèrent risquer leur vie en pleine mer et affronter la mort sur les rochers de l’autre rive, plutôt que de poursuivre une existence dénuée du minimum de dignité et d’humanité dans notre Algérie morne. En résumé, le sang des victimes et les images de souffrance sur les côtes européennes, ainsi que l’errance de nos concitoyens dans les pays d’exil, demeurent les témoins de l’échec de la propagande médiatique militaire à falsifier la dure réalité, confirmant que le miséreux affamé ne peut être nourri de slogans tebbouniens creux ni convaincu par des communiqués retentissants et fallacieux. Car lorsque sa subsistance quotidienne n’est qu’une illusion et quelques restes des généraux, on ne peut garantir que le miséreux vous sera soumis davantage. La persistance de cette approche dictatoriale fondée sur l’oppression et la barbarie place le pays devant une pente glissante dangereuse : soit un redressement urgent qui redonne sa dignité au citoyen et respecte ses droits fondamentaux, soit la poursuite de l’hémorragie de l’émigration et de la marginalisation, un gouffre qui engloutira l’avenir de la patrie tout entière…
