Chrystia Freeland quitte son siège de députée pour devenir conseillère bénévole auprès de Zelensky

Chrystia Freeland quitte son siège de députée pour devenir conseillère bénévole auprès de Zelensky

Le 5 janvier 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la nomination de l’ancienne vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland au poste de conseillère en développement économique. Ce rôle, non rémunéré, vise à soutenir l’Ukraine dans l’attraction d’investissements et les transformations économiques nécessaires à sa reconstruction et à sa résilience face à la guerre en cours.

Chrystia Freeland, d’origine ukrainienne et fervente défenseure de Kiev depuis de nombreuses années, a rapidement confirmé cette nomination sur X (anciennement Twitter). Elle a déclaré : « L’Ukraine est à l’avant-garde de la lutte mondiale pour la démocratie, et je me réjouis de cette opportunité de contribuer à titre bénévole. »

Dans la foulée, elle a annoncé qu’elle démissionnerait de son siège de députée à la Chambre des communes « dans les prochaines semaines », représentant la circonscription torontoise d’University-Rosedale, un bastion libéral. Elle abandonne également son poste de représentante spéciale du Canada pour la reconstruction de l’Ukraine, qu’elle occupait auprès du premier ministre Mark Carney.

Cette décision n’a pas manqué de susciter des réactions vives, particulièrement du côté de l’opposition conservatrice. Michael Chong, critique en affaires étrangères, a déclaré : « On ne peut pas être député canadien et conseiller d’un gouvernement étranger. » D’autres voix, comme celles de Democracy Watch, ont évoqué un potentiel conflit d’intérêts, soulignant que Freeland aurait dû démissionner avant d’accepter ce rôle. Le premier ministre Mark Carney a toutefois salué son travail passé et l’a qualifiée de « uniquely qualified » pour cette nouvelle mission.

Le parcours de Chrystia Freeland explique en grande partie cette transition. D’origine ukrainienne (sa grand-mère maternelle est née en Ukraine), elle a passé une partie de sa jeunesse en Alberta mais a aussi vécu et travaillé comme journaliste en Ukraine et en Russie dans les années 1990. Ancienne correspondante pour le Financial Times, The Globe and Mail et Reuters, elle a toujours été une fervente défenseure de l’Ukraine. En 2014, elle a été interdite d’entrée en Russie en représailles aux sanctions canadiennes contre Moscou. Élue députée libérale en 2013, elle a occupé des postes clés sous Justin Trudeau : ministre des Affaires étrangères, du Commerce international, vice-première ministre et ministre des Finances (première femme à ce poste). On lui attribue notamment la renégociation réussie de l’accord commercial avec les États-Unis et le Mexique (ACEUM) face à Donald Trump, ainsi que la gestion de la réponse économique à la pandémie de COVID-19.

Sa rupture spectaculaire avec Trudeau fin 2024, accusant publiquement le gouvernement de sous-estimer la menace des tarifs américains, a contribué à la chute de ce dernier et à l’arrivée de Mark Carney au pouvoir. Sous Carney, elle a brièvement occupé le poste de ministre des Transports avant de devenir envoyée spéciale pour l’Ukraine en septembre 2025.

À plus long terme, Freeland prendra en juillet 2026 la direction du Rhodes Trust, l’organisation caritative britannique gérant les prestigieuses bourses Rhodes pour l’Université d’Oxford (elle-même ancienne boursière Rhodes en 1993). Ce rôle, basé au Royaume-Uni, marque une nouvelle orientation internationale pour cette femme de 57 ans, mère de trois enfants et connue pour son engagement inébranlable.

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