Revirement diplomatique entre Trump et Petro : une invitation à la Maison Blanche après des menaces d’intervention militaire
Le président américain Donald Trump a annoncé le 7 janvier 2026 qu’il préparait une rencontre à la Maison Blanche avec son homologue colombien Gustavo Petro, quelques jours seulement après avoir menacé la Colombie d’une opération militaire ciblée. Ce changement de ton fait suite à un appel téléphonique décrit comme « cordial » et « respectueux » entre les deux dirigeants, le premier depuis le retour de Trump au pouvoir en janvier 2025.
Trump a partagé l’information sur son réseau social Truth Social : « Ce fut un grand honneur de m’entretenir avec le président colombien, Gustavo Petro, qui m’a appelé pour expliquer la situation concernant la drogue et d’autres désaccords. J’ai apprécié son appel et son ton, et j’ai hâte de le rencontrer prochainement. » Il a précisé que des dispositions étaient en cours pour une visite de Petro à Washington, sans date précise.
De son côté, Petro s’est adressé à des milliers de partisans lors d’un rassemblement à Bogota pour défendre la souveraineté colombienne. Il a confirmé l’entretien, qui a duré environ une heure, et indiqué avoir insisté sur la reprise du dialogue : « Sans dialogue, il y a la guerre », a-t-il déclaré, ajoutant que la Colombie saisira 3 000 tonnes de drogue d’ici la fin de l’année pour démontrer ses efforts.
Les relations bilatérales entre Washington et Bogota n’ont cessé de se détériorer depuis 2025, sur fond d’escalade verbale et de mesures coercitives. Donald Trump accuse régulièrement Gustavo Petro — sans produire de preuves publiques convaincantes — de faciliter le trafic de cocaïne vers les États-Unis et d’avoir laissé exploser la production de drogue en Colombie.
Cette dégradation s’est traduite par une série d’épisodes diplomatiques majeurs. En septembre 2025, Washington révoque le visa américain de Gustavo Petro à la suite de sa participation à une manifestation pro-palestinienne à New York, au cours de laquelle le président colombien avait appelé les soldats américains à « désobéir aux ordres de Trump ». Un mois plus tard, en octobre 2025, l’administration américaine franchit un nouveau seuil en imposant des sanctions ciblées contre Petro, plusieurs membres de sa famille — dont son épouse et son fils — ainsi que des proches collaborateurs, pour de supposés liens avec le narcotrafic.
La tension atteint son paroxysme début janvier 2026, dans le sillage de l’opération militaire américaine au Venezuela ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier. Dans ce contexte régional explosif, Trump qualifie la Colombie de « pays très malade », dirigé par un « malade mental qui aime fabriquer et vendre de la cocaïne aux États-Unis ». Interrogé sur l’éventualité d’une intervention militaire, il répond sans détour : « Ça me semble une bonne idée. »
Face à ces menaces, Gustavo Petro — ancien guérillero du M-19 ayant déposé les armes en 1990 — réagit avec une fermeté spectaculaire, affirmant qu’il « reprendrait les armes » pour défendre la souveraineté de son pays en cas d’agression. Dans le même temps, il mobilise la population colombienne et renforce la présence militaire à la frontière avec le Venezuela, anticipant un possible afflux de réfugiés et une déstabilisation régionale accrue.
Ce revirement soudain illustre la diplomatie imprévisible de Trump, alternant menaces et ouverture au dialogue pour obtenir des concessions sur le narcotrafic. Aucune date n’a été fixée pour la rencontre, mais elle pourrait apaiser temporairement les tensions bilatérales.
