Immigration américaine : l’Algérie parmi les pays les plus affectés par le gel des visas
Le Département d’État américain a annoncé mercredi 14 janvier 2026 une mesure qui va profondément modifier le paysage de l’immigration légale : le traitement des visas d’immigration est suspendu pour les ressortissants de 75 pays, parmi lesquels l’Algérie figure en bonne place. Cette suspension, qui prendra effet le 21 janvier 2026 et restera en vigueur jusqu’à une réévaluation complète des procédures, vise officiellement à empêcher l’entrée de personnes susceptibles de devenir une « charge publique » (« public charge »), c’est-à-dire dépendre fortement des aides sociales fédérales, telles que les allocations alimentaires, les soins médicaux subventionnés ou l’aide au logement.
Désormais, les consulats américains sont instruits de rejeter ou de mettre en attente toutes les demandes de visas immigrants — green card, regroupement familial, emplois permanents — provenant de ces pays. Les demandeurs algériens peuvent toujours déposer une demande, mais aucun visa ne sera approuvé tant que la suspension restera active. Une exception existe pour les binationaux disposants d’un passeport d’un pays non concerné, qui peuvent continuer à effectuer leurs démarches.
Parmi les 13 pays arabes explicitement concernés, l’Algérie est citée aux côtés de l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Somalie, le Soudan, la Libye, la Syrie, la Tunisie et le Yémen. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des contrôles migratoires, incluant notamment la suspension du programme de loterie de la diversité (« Carte verte ») depuis décembre 2025.
La liste complète des 75 pays affectés comprend des nations d’Afrique (Nigeria, Ghana, Éthiopie, Sénégal, Guinée, Sierra Leone, Cameroun), d’Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh, Népal), d’Amérique latine et des Caraïbes (Brésil, Colombie, Haïti, Cuba, Jamaïque), des Balkans (Albanie, Bosnie, Kosovo), ainsi que l’Iran, l’Afghanistan, la Russie et la Birmanie. Selon des estimations de NPR et The Guardian, cette mesure pourrait bloquer plusieurs centaines de milliers de visas légaux chaque année, impactant familles, regroupement familial et projets professionnels.
Pour les Algériens, les conséquences sont immédiates. Les visas non-immigrants, tels que les visas touristiques (B1/B2), d’affaires ou d’études (F1), ne sont pas concernés par cette suspension. Toutefois, la demande de ces visas temporaires pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, notamment en raison de la Coupe du Monde de football 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, ainsi que des Jeux olympiques de 2028. Tous les demandeurs, même pour ces visas temporaires, feront l’objet d’un contrôle renforcé, incluant l’examen des antécédents, des réseaux sociaux et la vérification de l’autosuffisance financière pour éviter tout risque de « public charge ».
En revanche, pour les demandes de green card, de visas de travail permanent ou de regroupement familial depuis l’Algérie, le traitement est gelé jusqu’à nouvel ordre. Les exceptions restent très limitées et nécessitent des preuves financières solides. Les binationaux disposants d’un passeport non listé constituent la seule catégorie pouvant continuer leurs démarches.
