Macron réunit en urgence le Conseil de défense sur la révolte iranienne et les visées américaines sur le Groenland

Macron réunit en urgence le Conseil de défense sur la révolte iranienne et les visées américaines sur le Groenland

Ce jeudi 15 janvier 2026, dès 8 heures du matin, le palais de l’Élysée s’est transformé en centre névralgique de la décision stratégique française. Emmanuel Macron y a présidé un Conseil de défense exceptionnel, convoqué dans l’urgence au cœur de la nuit, signe de la gravité des enjeux abordés. Autour du chef de l’État : les ministres régaliens (Affaires étrangères, Défense, Intérieur), les chefs d’état-major des armées, ainsi que les plus hauts conseillers diplomatiques et militaires. Deux dossiers explosifs dominent l’ordre du jour, révélateurs d’un basculement de l’ordre international : la révolte populaire en Iran et le bras de fer inédit engagé par les États-Unis sur le Groenland.

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran traverse l’une des plus violentes secousses internes depuis la révolution islamique de 1979. Ce qui n’était au départ qu’une contestation sociale née de l’effondrement économique – s’est rapidement mué en soulèvement politique frontal contre le régime des mollahs. Dans les rues de Téhéran, d’Ispahan ou de Chiraz, les slogans visent désormais explicitement le Guide suprême Ali Khamenei et appellent à la fin de la République islamique.

La réponse du pouvoir a été d’une brutalité extrême. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles, procédé à des arrestations massives et multiplié les exécutions expéditives. Selon les ONG et des sources diplomatiques concordantes, le bilan humain dépasserait largement les 2 000 morts, un chiffre qui glace les chancelleries occidentales.

À Washington, Donald Trump – de retour à la Maison Blanche – observe la situation avec une ambiguïté calculée.C’est précisément ce flou qui inquiète Paris. Une escalade américaine, qu’elle prenne la forme de frappes ciblées ou d’un soutien armé indirect, pourrait plonger le Moyen-Orient dans une nouvelle spirale de chaos, avec des conséquences directes pour l’Europe : flambée des prix de l’énergie, nouvelles vagues migratoires, déstabilisation sécuritaire durable. La ligne française reste claire : condamnation sans équivoque de la répression, soutien aux aspirations du peuple iranien, mais refus d’une aventure militaire aux effets incontrôlables.

L’autre dossier traité lors du Conseil de défense est tout aussi révélateur d’un monde en recomposition : le Groenland. Depuis son investiture, Donald Trump répète que les États-Unis « ont besoin » du Groenland. La réunion de mercredi 14 janvier à la Maison Blanche, entre responsables danois, représentants groenlandais et hauts responsables américains – dont le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio – s’est soldée par un constat glaçant : un « désaccord fondamental ». Trump a réaffirmé sa détermination à obtenir une « solution », évoquant des moyens « doux ou forts », une formule perçue à Copenhague comme un chantage à peine voilé.

Face à cette pression, le Danemark a haussé le ton. Renforcement de la présence militaire en Arctique, lancement de l’exercice Arctic Endurance, appel à la solidarité européenne. La réponse n’a pas tardé. La France, aux côtés de l’Allemagne, de la Suède et de la Norvège, a accepté de participer à une mission de reconnaissance et d’entraînement dans la région. Emmanuel Macron l’a confirmé dans la nuit : des éléments militaires français – notamment des unités spécialisées dans le combat en conditions extrêmes, chasseurs alpins et forces spéciales – sont déjà en route.

À l’issue de ce Conseil de défense à huis clos, Emmanuel Macron se rendra à la base aérienne d’Istres pour présenter ses vœux aux armées à 12 h 30. Un rendez-vous annuel, mais dont la portée s’annonce exceptionnelle.

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