Attentat-suicide à Islamabad : l’État islamique revendique l’attaque sanglante contre une mosquée chiite, au moins 31 morts

Attentat-suicide à Islamabad : l’État islamique revendique l’attaque sanglante contre une mosquée chiite, au moins 31 morts

Le Pakistan a été de nouveau frappé par une attaque terroriste d’une rare violence. Un attentat-suicide a été perpétré vendredi 6 février 2026 dans une mosquée chiite du quartier de Tarlai (ou Tarlai Kalan), à la périphérie sud-est d’Islamabad. Selon les autorités pakistanaises, l’explosion a fait au moins 31 morts et près de 170 blessés (169 selon les derniers bilans officiels), un chiffre qui pourrait encore s’alourdir car plusieurs victimes se trouvent dans un état critique.

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué l’attaque dans la soirée via ses canaux Telegram et son agence Amaq. D’après le SITE Intelligence Group, qui surveille les réseaux islamistes, l’EI précise qu’un de ses combattants « a ouvert le feu sur les gardes de la mosquée qui tentaient de l’arrêter, avant de faire exploser sa veste piégée au milieu des fidèles ». L’attentat s’est produit pendant la grande prière hebdomadaire du vendredi (prière du Jumu’ah), alors que la mosquée Khadija Tul Kubra était particulièrement bondée.

Des témoins décrivent une scène de chaos total. « Pendant la première inclinaison de la prière, nous avons entendu des tirs, puis une explosion extrêmement puissante », raconte Muhammad Kazim, un fidèle présent sur les lieux. « Le toit s’est partiellement effondré, les vitres ont volé en éclats et il y avait des corps partout », ajoute-t-il devant l’hôpital PIMS, où de nombreux blessés ont été transportés en urgence.

Selon la police, l’attaque est la plus meurtrière dans la capitale pakistanaise depuis l’attentat contre l’hôtel Marriott en 2008, qui avait fait 60 morts. Le Pakistan, pays à majorité sunnite, compte entre 10 et 15 % de chiites, une minorité régulièrement visée par des groupes extrémistes sunnites radicaux.

Cette nouvelle tragédie met en lumière la fragilité persistante de la sécurité dans le pays, malgré les opérations militaires lancées ces dernières années contre les réseaux djihadistes. Elle intervient dans un contexte de recrudescence des violences, notamment dans le Baloutchistan et les zones frontalières avec l’Afghanistan, où les affrontements entre forces de sécurité et groupes armés sont fréquents. Islamabad, jusque-là relativement épargnée ces dernières années, redevient une cible symbolique, ravivant les craintes d’une nouvelle vague d’instabilité.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fermement condamné l’attentat et exprimé sa « profonde tristesse », tout en ordonnant une enquête approfondie. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rappelé que « les attaques contre les civils et les lieux de culte sont inacceptables » et a appelé à la responsabilité des auteurs.

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