France : Jack Lang lâche enfin la présidence de l’Institut du monde arabe
Après des jours de forte pression politique et médiatique, Jack Lang a cédé. Samedi 7 février 2026, l’ancien ministre de la Culture, âgé de 86 ans, a officiellement proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), institution qu’il dirigeait depuis plus de douze ans. Cette annonce met fin à une semaine explosive déclenchée par les nouvelles révélations des « Epstein files » et l’ouverture d’une enquête judiciaire le visant, lui et sa fille.
Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot Jack Lang écrit :
« Afin de préserver l’Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m’assaillent, je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire. »
Le ministre a immédiatement pris acte de cette proposition et annoncé le lancement de la procédure pour nommer un président ou une présidente par intérim lors d’un conseil d’administration convoqué sous sept jours. L’Élysée a également confirmé avoir pris acte de cette offre de départ.
Ce revirement intervient après la publication fin janvier 2026 d’un volumineux nouveau lot de documents judiciaires américains mentionnant le nom de Jack Lang 673 fois dans les échanges de Jeffrey Epstein. Ces pièces, exhumées par Mediapart et d’autres médias, détaillent des relations financières, des négociations immobilières (notamment un riad à Marrakech en 2015) et des demandes répétées de services (transports, faveurs diverses) adressées par l’ancien ministre au financier déchu entre 2012 et 2019.
Le Parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang et sa fille Caroline, qui a déjà démissionné lundi de la tête d’un syndicat de producteurs après la révélation d’une société offshore liée à Epstein.
Malgré une résistance initiale – mercredi encore, il excluait catégoriquement de démissionner –, Jack Lang a finalement choisi de passer la main. Il maintient toutefois sa défense : « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », assure-t-il dans sa lettre, se disant « réjoui » que la justice se saisisse du dossier.
La convocation prévue dimanche au Quai d’Orsay a été annulée. Selon son entourage, Jack Lang est rentré à Paris dès samedi soir.
Cette démission marque un tournant pour l’IMA et ravive les critiques sur la longévité de certaines figures dans les hautes sphères culturelles françaises, alors que l’affaire Epstein continue de produire des ondes de choc en Europe.
