Présidentielle au Portugal : Antonio José Seguro s’impose largement face à l’extrême droite

Présidentielle au Portugal : Antonio José Seguro s’impose largement face à l’extrême droite

Le candidat socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté, ce dimanche, le second tour de l’élection présidentielle portugaise, infligeant une défaite nette à son rival d’extrême droite André Ventura. Selon deux projections basées sur des sondages de sortie des urnes et diffusées par les chaînes de télévision locales, Seguro obtiendrait entre 67 % et 73 % des suffrages, contre 27 % à 33 % pour Ventura.

Âgé de 63 ans, l’ancien dirigeant du Parti socialiste succédera en mars prochain au président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui achève dix années à la tête de l’État. Ce scrutin marque ainsi le retour sur le devant de la scène politique d’une figure longtemps restée en retrait, mais perçue comme un symbole de stabilité dans un contexte de polarisation croissante.

La campagne électorale a toutefois été fortement perturbée par des conditions climatiques exceptionnelles. Les violentes tempêtes qui ont frappé le Portugal au cours des deux dernières semaines ont contraint au moins quatorze circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le vote d’une semaine, compliquant l’organisation du scrutin et affectant la mobilisation des électeurs.

À midi, le taux de participation atteignait 22,35 %, un chiffre légèrement supérieur à celui enregistré au premier tour à la même heure, mais globalement révélateur d’un certain désintérêt. Les premiers résultats officiels étaient attendus à 20 heures, heure locale.

Dans les bureaux de vote, l’ambiance oscillait entre résignation et inquiétude.
« Le choix est difficile, car je n’aime aucun des deux », confiait Celeste Caldera, enseignante retraitée de 87 ans. « Mais il fallait bien maintenir les élections. Nous avons deux candidats : soit nous choisissons celui qui se soucie du bien commun, soit je ne sais pas ce qui nous attend. »
Même scepticisme chez les jeunes électeurs. Julia Rodriguez, étudiante en médecine de 20 ans, reconnaissait vivre une élection « étrange » : « Le choix est difficile car je n’aime aucun des deux. »

Un sondage publié en milieu de semaine annonçait déjà la large avance de Seguro, crédité de 67 % des intentions de vote. Son adversaire, André Ventura, 43 ans, chef de file d’une droite populiste en progression ces dernières années, semblait plafonner autour de 33 %, malgré une campagne agressive axée sur la sécurité, l’immigration et la critique des élites politiques.

Conscient du risque d’abstention, Antonio José Seguro avait multiplié les appels à la mobilisation. Lors de son dernier meeting, vendredi soir, il avait déclaré que « l’abstention est notre plus grand adversaire », avertissant que le pays pourrait se retrouver « plongé dans un cauchemar » en cas de victoire de l’extrême droite.
Sa large victoire apparaît ainsi moins comme un triomphe idéologique que comme un vote de rejet contre la radicalisation du débat politique. Elle traduit la volonté d’une majorité d’électeurs de préserver l’équilibre institutionnel et la tradition démocratique portugaise, face à la montée des forces populistes en Europe.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *