Addis-Abeba accueille le 39ᵉ sommet de l’UA : paix, intégration et gouvernance mondiale au cœur des débats

Addis-Abeba accueille le 39ᵉ sommet de l’UA : paix, intégration et gouvernance mondiale au cœur des débats

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, en présence d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. Ce rendez-vous majeur de la diplomatie continentale intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la persistance des conflits armés, les défis économiques structurels et une recomposition rapide de l’ordre international.

L’un des moments clés du sommet est la transmission de la présidence tournante de l’UA de l’Angola au Burundi, dont le président Evariste Ndayishimiye occupe également le rôle d’envoyé spécial de l’Union pour le Sahel. Cette passation s’inscrit dans une dynamique de continuité institutionnelle, mais aussi dans une volonté affichée de redonner un souffle politique à l’organisation.

Les travaux portent en priorité sur les réformes institutionnelles de l’UA, avec pour objectif d’améliorer l’efficacité des mécanismes de gouvernance et de décision. Les dirigeants examinent notamment le rapport du Conseil de paix et de sécurité sur l’état des conflits en Afrique, en particulier au Soudan et au Soudan du Sud, deux foyers de crise qui continuent de peser lourdement sur la stabilité régionale.

La question de la Force africaine en attente est également à l’ordre du jour, dans le cadre d’un projet de mémorandum visant à renforcer la coopération entre l’UA, les communautés économiques régionales et les mécanismes de sécurité continentaux.

Autre dossier stratégique : la participation croissante de l’Afrique aux instances internationales. Les chefs d’État débattent notamment du rôle de l’Afrique du Sud au sein du G20, ainsi que de la nécessité d’une réforme profonde de l’Organisation des Nations unies, en particulier du Conseil de sécurité, afin d’y garantir une représentation plus équitable du continent africain.

Pour la première fois, les dirigeants africains examinent une étude sur la qualification juridique du colonialisme comme crime contre l’humanité, et sur la reconnaissance de certains crimes liés à l’esclavage et aux déplacements forcés comme actes de génocide. Cette démarche marque une volonté politique forte d’inscrire les revendications africaines dans le cadre du droit international contemporain.

Parallèlement, un rapport de la Commission de l’UA sur la situation en Palestine est présenté, réaffirmant la position traditionnelle du continent en faveur du respect du droit humanitaire et de la protection des populations civiles.

Le sommet accorde également une large place aux enjeux de développement durable, notamment à travers le lancement du thème 2026 :
« Garantir la disponibilité de systèmes d’approvisionnement en eau durables et d’assainissement sûr pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».

Les dirigeants devraient enfin adopter le rapport d’étape sur la Zone de libre-échange continentale africaine, présenté par Issoufou Mahamadou, ancien président du Niger, considéré comme l’un des principaux artisans de l’intégration économique africaine.

La conférence se conclura par l’adoption d’un ensemble de résolutions et de déclarations destinées à fixer les priorités politiques de l’Union pour les prochaines années. Plus qu’un simple rendez-vous protocolaire, ce 39ᵉ sommet apparaît comme un moment charnière, où l’Afrique cherche à affirmer sa souveraineté politique, son unité stratégique et sa place dans la gouvernance mondiale.

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