Inde–États-Unis : les négociations commerciales suspendues après le camouflet judiciaire infligé aux droits de douane de Donald Trump

Inde–États-Unis : les négociations commerciales suspendues après le camouflet judiciaire infligé aux droits de douane de Donald Trump

Un coup de frein inattendu vient de frapper le processus de rapprochement commercial entre New Delhi et Washington. L’Inde a décidé de reporter l’envoi de sa délégation commerciale aux États-Unis, initialement prévue cette semaine, à la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis de rejeter les droits de douane imposés par l’administration américaine.

Selon une source au sein du ministère indien du Commerce, ce report est directement lié à l’incertitude juridique et politique provoquée par ce jugement, qui remet en cause une partie essentielle du cadre tarifaire sur lequel reposaient les négociations en cours entre les deux puissances économiques.

La délégation indienne devait se rendre à Washington afin de finaliser un accord commercial intérimaire négocié ces derniers mois. Celui-ci prévoyait notamment une réduction des droits de douane punitifs américains – initialement fixés à 25 % – sur certaines exportations indiennes, en particulier celles liées aux achats de pétrole russe par New Delhi.

En contrepartie, l’Inde s’engageait à acquérir pour près de 500 milliards de dollars de produits américains sur une période de cinq ans, incluant des fournitures énergétiques, des aéronefs, des métaux précieux, ainsi que des équipements technologiques.

Mais l’intervention de la plus haute juridiction américaine a bouleversé ce fragile équilibre. Malgré le rejet de sa requête, Donald Trump a annoncé l’instauration d’un droit de douane temporaire de 15 % sur les importations américaines en provenance de l’ensemble de ses partenaires commerciaux — soit le taux maximal autorisé par la loi.

Cette évolution a également ravivé les critiques sur la scène politique indienne. Le parti du Congrès, principale force d’opposition, a appelé à la suspension de l’accord intérimaire, estimant qu’une renégociation s’impose désormais. Il a en outre mis en cause la décision du Premier ministre Narendra Modi de publier une déclaration commune avec Washington avant même que la Cour ne rende son verdict.

Face à cette situation, le ministère indien du Commerce a indiqué examiner attentivement les implications du jugement ainsi que les annonces tarifaires américaines subséquentes, laissant planer le doute sur le calendrier initial qui prévoyait une entrée en vigueur de l’accord dès le mois d’avril.

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