« Ils sont un cancer » : Trump menace les cartels et Cuba lors du sommet « Bouclier des Amériques »

« Ils sont un cancer » : Trump menace les cartels et Cuba lors du sommet « Bouclier des Amériques »

Lors du sommet inaugural « Bouclier des Amériques » organisé le 7 mars 2026 à Doral, en Floride, le président américain Donald Trump a annoncé la création d’une Coalition américaine contre les cartels (ou « Americas Counter Cartel Coalition »), regroupant une douzaine de pays d’Amérique latine alignés sur ses priorités sécuritaires. Devant des dirigeants majoritairement de droite – dont Javier Milei (Argentine), Nayib Bukele (Salvador) et Daniel Noboa (Équateur) –, Trump a signé une déclaration commune engageant ces nations à lutter contre le trafic de drogue par des moyens militaires.

« Le seul moyen de vaincre ces ennemis est de déployer la puissance de nos forces armées », a lancé Trump, insistant sur le recours à l’armée plutôt qu’à la seule police. Il a comparé les cartels à un « cancer » qu’il faut empêcher de se propager, accusant ces organisations criminelles d’être devenues plus puissantes que certaines armées nationales.

Ce sommet s’inscrit dans un virage marqué de la politique étrangère de Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. L’administration privilégie les partenariats avec des gouvernements conservateurs, tout en se distançant de certains alliés traditionnels. L’absence notable des présidents du Mexique (Claudia Sheinbaum) et du Brésil a été soulignée, ces pays de gauche ayant résisté aux approches les plus dures de Washington.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a salué les participants comme de « vrais amis » fiables, contrairement à d’autres alliés qui « ne sont pas toujours là quand on a besoin d’eux ». Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a quant à lui invoqué des racines culturelles et religieuses communes – la « civilisation chrétienne occidentale » – pour justifier une défense collective de l’hémisphère.

Trump a réaffirmé son recours à la force létale contre les trafiquants. Depuis septembre 2025, les États-Unis ont mené au moins 44 frappes aériennes en mer des Caraïbes et dans l’est du Pacifique, tuant près de 150 personnes – souvent des pêcheurs ou des voyageurs, selon des familles. Aucune preuve publique n’a été fournie pour justifier ces opérations, critiquées par des experts en droit international qui estiment que le trafic de drogue ne constitue pas une justification légale pour des actes d’agression militaire.

Trump est revenu sur l’opération « Absolute Resolve » de janvier 2026, qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’un raid à Caracas. Il a qualifié cette mission de « succès total », affirmant avoir « neutralisé » un baron de la drogue. Maduro, détenu à New York pour trafic de drogue, attend son procès, bien que des rapports de renseignement aient contesté les liens directs avec des cartels comme Tren de Aragua. Le raid a causé au moins 80 morts, dont des officiers cubains et des civils.

Sous la présidente par intérim Delcy Rodríguez, le Venezuela coopère désormais avec Washington, notamment sur les secteurs pétrolier et minier. Trump a averti que cette coopération conditionne tout jugement positif : « Si elle ne travaillait pas avec nous, je dirais qu’elle fait un très mauvais travail. »

Cuba a été la cible de menaces explicites. Soumis à un embargo renforcé et privé de pétrole vénézuélien, l’île fait face à une crise humanitaire aggravée. Trump a prédit un « grand changement » imminent : « Cuba vit ses derniers instants sous sa forme actuelle. » Il a évoqué des négociations en cours et promis une « nouvelle vie formidable » après la chute du régime communiste.

Trump a particulièrement visé le Mexique, qualifié d’« épicentre » de la violence des cartels. Malgré les efforts de Sheinbaum (déploiement de milliers de soldats, opérations contre « El Mencho »), il a jugé cela insuffisant et proposé d’« éradiquer » les cartels : « Laissez-moi les éradiquer. Il faut les anéantir. »

Il a même offert un soutien militaire direct : « Nous utiliserons des missiles. Si vous voulez que nous utilisions un missile, ils sont extrêmement précis – pan ! – en plein dans le salon, et c’est la fin pour ce membre du cartel. » Il a rejeté les approches diplomatiques ou de négociation, critiquant implicitement des pays comme la Colombie.

Enfin, Trump a réaffirmé sa « Doctrine Donroe » (inspirée de la doctrine Monroe), visant à exclure toute influence étrangère hostile – notamment chinoise – de l’hémisphère. Il a même évoqué un possible retour du contrôle américain sur le canal de Panama, adressant un avertissement direct au président panaméen présent.

Ce sommet illustre la stratégie musclée de Trump : aligner l’Amérique latine sur les priorités sécuritaires américaines par la force militaire, au risque d’accroître les tensions régionales et les critiques sur le respect du droit international.

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