Affaire Twitter : Musk jugé coupable d’avoir trompé les actionnaires avant le rachat
Vendredi 20 mars, un jury californien a reconnu Elon Musk coupable d’avoir induit en erreur les actionnaires lors du rachat du réseau social Twitter (rebaptisé X) en 2022. L’homme d’affaires, qui entend faire appel de cette décision, se retrouve confronté à une rare défaite judiciaire.
Après trois semaines de procès civil marquées par le témoignage en personne de l’homme le plus riche du monde, qui avait acquis Twitter en octobre 2022 pour 44 milliards de dollars, le jury du tribunal fédéral de San Francisco a estimé que deux tweets publiés par le patron de Tesla en mai 2022 contenaient des déclarations mensongères. Ces messages auraient provoqué une chute du cours de l’action Twitter, causant un préjudice estimé à 2,6 milliards de dollars par les avocats des plaignants, selon Mark Molumphy, l’un de leurs représentants.
Le verdict écarte toutefois l’accusation de manœuvre frauduleuse délibérée visant à faire baisser le cours de l’action. Quelques minutes après l’annonce du jugement, les avocats d’Elon Musk ont indiqué que leur client comptait faire appel, qualifiant la décision de « contretemps ».
Cette affaire survient presque vingt ans jour pour jour après le premier tweet de l’histoire, publié par le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, le 21 mars 2006. Elle marque une rare déconvenue judiciaire pour Elon Musk, souvent surnommé « Teflon Elon » en raison de sa capacité à échapper aux procédures complexes. Ses avocats ont rappelé qu’un tribunal texan l’avait encore exonéré le même jour dans une affaire de diffamation. En 2023, un jury du même tribunal fédéral de San Francisco avait également rejeté des accusations similaires formulées par des actionnaires de Tesla, à la suite d’un tweet de 2018 affirmant qu’il disposait des fonds pour racheter le constructeur automobile.
Le procès a essentiellement tourné autour des affirmations d’Elon Musk concernant le nombre de faux comptes sur la plateforme. Il soutenait que le réseau comptait beaucoup plus de comptes spam et automatisés que les 5 % déclarés officiellement, et avait utilisé cet argument pour tenter de se retirer de l’accord. Après son premier tweet à ce sujet en mai 2022, le cours de l’action avait chuté de 17 % en deux séances, incitant certains actionnaires à vendre.
