Israël et les États-Unis frappent deux installations nucléaires iraniennes à Khondab et Ardakan : Rubio annonce la fin des opérations dans 2 à 4 semaines
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des frappes conjointes américano-israéliennes ont visé deux installations nucléaires stratégiques situées au centre de l’Iran, ravivant les tensions dans une région déjà profondément fragilisée. Les attaques, soigneusement coordonnées, ont ciblé des sites à la fois civils et militaires, illustrant l’escalade spectaculaire de ce conflit qui alimente l’inquiétude internationale.
Le site de production de yellowcake d’Ardakan, dans la province de Yazd, a été atteint. Cette usine est essentielle dans le processus iranien de production nucléaire, car elle transforme le minerai d’uranium en concentré, première étape vers l’enrichissement destiné à des fins civiles ou militaires. Selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, les frappes n’ont pas provoqué de rejets radioactifs ni de victimes directes. Cependant, l’impact symbolique et stratégique est considérable, car il entrave le calendrier nucléaire iranien et démontre la capacité d’Israël et des États-Unis à atteindre des installations jusqu’alors protégées.
Parallèlement, le complexe à eau lourde de Shahid Khondab, ancien réacteur d’Arak situé dans la province de Markazi, a été frappé à deux reprises. Ce site, capable de produire du plutonium, avait déjà subi des dommages lors d’une attaque israélienne en juin 2025 et était considéré comme partiellement hors service. Les frappes récentes risquent de compliquer toute tentative de remise en état, tout en accentuant la perception iranienne d’une agression continue ciblant ses capacités nucléaires stratégiques.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a dénoncé ces frappes comme une attaque délibérée et coordonnée d’Israël et des États-Unis contre la souveraineté de Téhéran. Selon lui, les raids ont également touché des installations industrielles civiles, telles que des aciéries et des centrales électriques, accentuant la gravité de la crise et la vulnérabilité économique de l’Iran. « L’Iran fera payer un lourd tribut à Israël pour ces crimes », a-t-il averti, soulignant que la riposte pourrait dépasser le cadre strictement militaire.
Le gouvernement iranien durcit sa posture sur plusieurs fronts. À Téhéran, un porte-parole parlementaire a critiqué le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), le qualifiant de « totalement inefficace », et a évoqué un possible retrait imminent du traité. Sur le plan interne, la province de Kermanshah a été le théâtre d’une attaque distincte ayant fait au moins 13 victimes civiles, selon les médias locaux, illustrant l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire.
Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 en France, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a estimé que les opérations militaires contre l’Iran pourraient se prolonger de deux à quatre semaines. Selon lui, les frappes aériennes et les opérations spéciales doivent être menées sans recourir à un déploiement massif de troupes au sol, afin de limiter l’engagement direct et les pertes humaines américaines.
Cette position contraste avec les déclarations du président Donald Trump, qui a affirmé que l’Iran disposerait désormais d’un arsenal de missiles fortement réduit. Selon Reuters, seulement un tiers des missiles iraniens auraient été détruits, le reste pouvant rester opérationnel ou être stocké dans des installations souterraines sécurisées. Ce décalage révèle une incertitude stratégique et souligne la complexité du théâtre militaire iranien, où les frappes ponctuelles peuvent ralentir mais rarement neutraliser l’ensemble du potentiel balistique et nucléaire.
