Vance : « C’est à l’Iran de décider s’il veut faire capoter la trêve à cause du Liban »
BUDAPEST — Le vice-président américain JD Vance a exhorté mercredi l’Iran à ne pas laisser s’effondrer le fragile cessez-le-feu conclu avec Washington à cause des frappes israéliennes au Liban, à quelques jours de pourparlers directs avec Téhéran au Pakistan.
Alors que le président iranien avait posé une trêve au Liban comme condition essentielle à la fin de la guerre au Moyen-Orient, M. Vance a évoqué un « malentendu légitime ».
« Je pense que les Iraniens croyaient que le cessez-le-feu incluait le Liban, ce qui n’est pas le cas. Nous n’avons jamais fait cette promesse », a déclaré M. Vance en quittant la Hongrie, où il soutenait la campagne de réélection du Premier ministre Viktor Orbán.
« Si l’Iran veut faire capoter ces négociations à cause du Liban — qui ne le concerne pas et que les États-Unis n’ont jamais inclus dans le cessez-le-feu —, c’est son choix. »
Au lendemain de l’accord de cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran, Israël a mené ses frappes les plus importantes au Liban depuis l’entrée en guerre du Hezbollah, groupe pro-iranien, début mars.
Ces frappes ont fait au moins 112 morts et des centaines de blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
M. Vance a toutefois indiqué que les Israéliens avaient proposé de faire preuve de retenue : « Les Israéliens ont en fait proposé de se modérer un peu au Liban, car ils veulent s’assurer du succès de nos négociations. »
Par ailleurs, le vice-président a rappelé une ligne rouge stratégique : la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. « Le président attend de l’Iran qu’il respecte son engagement de maintenir ouvert ce passage vital pour le trafic pétrolier mondial. Dans le cas contraire, les conséquences seraient graves », a-t-il averti, soulignant les enjeux économiques globaux liés à cette crise.
JD Vance a lancé un appel appuyé à la responsabilité collective : « Nous voulons que ces négociations réussissent. Mais cela dépend aussi de la volonté de l’Iran de ne pas tout faire échouer pour un front qui n’était pas sur la table. »
Une délégation américaine de haut niveau, comprenant notamment l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, doit se rendre samedi à Islamabad pour des discussions directes avec les représentants iraniens. Un rendez-vous diplomatique à haut risque, où se jouera peut-être l’avenir fragile de cette trêve.
