Birmanie : Min Aung Hlaing, chef de la junte, prête serment comme président et prolonge l’emprise de l’armée

Birmanie : Min Aung Hlaing, chef de la junte, prête serment comme président et prolonge l’emprise de l’armée

Naypyidaw, 10 avril 2026 – Cinq ans après avoir renversé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, le général Min Aung Hlaing a prêté serment vendredi comme président de la Birmanie, officialisant son passage d’un pouvoir militaire à un rôle civil tout en maintenant le contrôle de l’armée sur le pays.

Âgé de 69 ans, l’ancien commandant en chef des forces armées a démissionné de ses fonctions militaires peu avant la cérémonie pour se conformer à la Constitution. Lors de la prestation de serment au Parlement de Naypyidaw, il a promis de « faire prospérer les principes éternels de justice, de liberté et d’égalité » et affirmé que le pays « est revenu sur la voie de la démocratie ».

Cette investiture intervient après des élections législatives organisées fin 2025-début 2026 par la junte. Boycottées par l’opposition et impossibles à tenir dans de vastes zones contrôlées par les rebelles, ces scrutins ont abouti à une victoire écrasante des partis pro-militaires, qui ont ensuite porté Min Aung Hlaing à la présidence.

Le nouveau gouvernement, investi le même jour, compte plus des deux tiers de ministres issus de l’armée (en service ou retraités). De nombreux observateurs internationaux y voient une simple opération de relooking destinée à donner une façade de légitimité au régime sans changer la réalité du pouvoir.

Le pays reste plongé dans une guerre civile sanglante depuis le coup d’État de février 2021. Des forces pro-démocratie et des groupes armés ethniques affrontent l’armée dans plusieurs régions, provoquant une grave crise humanitaire.

Dans son discours, Min Aung Hlaing a évoqué de possibles amnisties pour favoriser la « réconciliation nationale », sans préciser les bénéficiaires. Il a également promis de renforcer les liens avec les pays voisins et de rétablir des relations normales avec l’ASEAN.

Des représentants de la Chine, de l’Inde et de la Thaïlande ont assisté à la cérémonie, soulignant le soutien diplomatique dont bénéficie encore le régime auprès de certains voisins. La Chine, principal partenaire économique, espère relancer des projets d’infrastructures bloqués par le conflit.

Ce changement de statut intervient juste avant la fête du Thingyan, le Nouvel An birman, symbole traditionnel de renouveau.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *